L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin s’est invité ce mercredi devant l’Association de la presse présidentielle, où il a commenté l’actualité française et internationale. Tout en marquant ses distances avec l’exécutif, il est resté évasif sur une éventuelle candidature à l’élection présidentielle.
Une popularité en hausse, surtout à gauche
Selon un récent sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, Villepin caracole en tête des personnalités politiques préférées des Français, devançant même Édouard Philippe. Son soutien est particulièrement marqué à gauche : 59 % d’opinions favorables, dont 68 % chez les sympathisants de La France insoumise et 74 % au Parti communiste. En revanche, à droite, seuls 41 % se disent séduits, avec un score légèrement meilleur chez Les Républicains (47 %).
Une candidature en 2027 ? Mystère…
Se prépare-t-il à la course à l’Élysée ? « Ce n’est pas à moi d’y répondre », esquive-t-il face aux journalistes. « Dire quelque chose à un moment donné est très différent de mener un combat présidentiel. Je ne suis pas obsédé par ça. » Plutôt que de briguer les suffrages, il affirme vouloir défendre ses convictions, se présentant comme un fervent défenseur de la cause palestinienne, et assure ne pas chercher à « courir après une clientèle électorale ».
La « diplomatie de la papouille » : une charge contre Macron
Lors de cette rencontre, il n’a pas mâché ses mots envers Emmanuel Macron et son gouvernement. Critiquant la « surenchère » du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau sur l’Algérie, il a appelé à laisser les diplomates faire leur travail et à éviter « la tentation du règlement de comptes ».
Il s’en est également pris à la stratégie internationale du chef de l’État : « L’approche du président repose sur la séduction : c’est la diplomatie de la papouille. Il a toujours cru être plus malin que les autres. C’est toute la limite de la Macronie. »
Villepin attaque Bayrou et la politique identitaire
L’ancien Premier ministre n’a pas épargné François Bayrou, lui reprochant son manque de courage sur la réforme des retraites : « Bayrou a eu l’habileté d’organiser un conclave, mais pas le courage d’aller au bout. »
Sur l’interdiction du voile dans le sport, il dénonce une dérive : « Est-ce encore de la laïcité ? Non, nous sommes dans une guerre identitaire. » Et d’ajouter : « Durcir la législation sans s’appuyer sur des principes républicains ne sert à rien, sinon à envenimer le débat. Nous réveillons des fractures, et la classe politique joue avec des cartouches de dynamite. »


