Trump, l’Antéchrist et Palantir : le messianisme made in the USA !

Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

L’administration américaine mêle fanatisme religieux, messianisme politique autour de Trump et transhumanisme apocalyptique.

Nous l’avons tous vu : le président des États-Unis, Donald Trump, entouré de son équipe et d’un ou plusieurs « guides spirituels », lui imposant les mains, le touchant même, et priant pour lui dans un profond état de recueillement et de prière. L’institution considérée comme la plus puissante et influente au monde – ébranlée il y a quelques heures à peine par une nouvelle menace d’attentat, hypothétique pour l’instant – se trouve actuellement au cœur d’un débat religieux et messianique, où la papauté elle-même est remise en question et même invitée à la prudence dans ses propos sur la théologie et la Bible. L’aspect inhabituel est que cet appel à la prudence ne vient pas d’un évêque dissident, d’un chaman ou d’un leader charismatique d’un nouveau courant philosophique, mais du vice-président des États-Unis, J.D. Vance.

Malentendus bibliques et croix de Jérusalem

Quiconque trouve comique le récent épisode où le secrétaire à la Guerre – une appellation qui, à elle seule, mériterait des torrents d’encre – Pete Hegseth, a lu un passage de la Bible écrit par Quentin Tarantino pour Pulp Fiction, ferait bien de jeter un œil aux photos de M. Hegseth torse nu. Non par voyeurisme, mais pour apprécier la multitude de tatouages liés au phénomène des « nouveaux croisés » qui anime une bonne partie du ministère de la Guerre et même une partie de l’armée américaine : une croix de Jérusalem sur la poitrine, la devise « Deus Vult » sur le bras et un AK-47 imposant, certes absent des Évangiles, mais sans aucun doute plus efficace qu’une épée médiévale rappelant celle des Templiers. Ce phénomène est si répandu qu’il a engendré des mouvements s’opposant au fanatisme chrétien au sein de l’armée américaine, dont le plus important est la Military Religious Freedom Foundation (MRFF).

Religion et pétrole

Soyons clairs : s’il ne s’agissait que d’escarmouches visant à équilibrer les pouvoirs, la diplomatie et, en fin de compte, les enjeux financiers, commerciaux, militaires et pétroliers, ce ne serait ni nouveau ni inquiétant. S’il s’agissait simplement d’un affaiblissement du soutien américain au Vatican et à l’Europe, et d’une stratégie pour justifier les milliards dépensés dans le conflit iranien par une aura de sacralité digne des Croisades, ce serait du « business as usual » : coupes budgétaires, échecs de financement, calculs économiques froids, bombardements massifs, quelques bannières ornées de croix de Jérusalem. Tout cela est très humain, pragmatique et, comme mentionné, pas si inhabituel. C’est du marketing, tout simplement.

L’Antéchrist à l’ère de l’IA

Ce qui est inhabituel, dans ce cas précis, c’est l’évolution rapide du fanatisme religieux manifesté par les plus hauts responsables du gouvernement le plus puissant du monde, mêlée à un syncrétisme politico-philosophique imprégné d’intelligence artificielle, de biologie et de prédictions apocalyptiques. Un exemple ? Les récentes conférences données à Rome par l’entrepreneur visionnaire Peter Thiel. Le fondateur controversé de Palantir, de passage dans la capitale italienne, a donné une conférence non pas sur l’IA, l’économie et la guerre, mais sur l’Antéchrist. Un moyen d’attirer les foules et de faire plus de profits ? Assurément, le tapage médiatique autour d’une conférence sur l’Antéchrist est bien plus important que celui d’une dissertation économique. Pourtant, les participants évoquent un mélange loin d’être banal de philosophie, d’histoire politique et religieuse, de psychologie sociale et d’une bonne dose de transhumanisme.

Narcisse, le Katechon et les implants neuronaux

Qui, selon Thiel, est l’Antéchrist ? D’après l’excellente analyse de l’expert américain Oliviero Bergamini, et en se basant sur les déclarations de Thiel lui-même et du cercle des « technocrates de la Silicon Valley », il s’agit d’une entité – pas nécessairement un être unique et défini, mais aussi un peuple ou un gouvernement, comme celui de la Chine – qui entrave l’évolution humaine vers le dépassement de l’ignorance, de la maladie et de la médiocrité. Le salut ne peut venir que d’une entité salvatrice qui empêche sa destruction finale : le Katechon mentionné dans l’Épître aux Thessaloniciens. Trump, ou Thiel lui-même : un être qui promeut le rôle salvifique de la technologie fusionnée à l’humanité : eugénisme, implants neuronaux, expérimentations au-delà de la médecine, intelligence artificielle contrôlant le savoir, gouvernement par une oligarchie de technocrates éclairés, pouvoir illimité conféré par un État néolibéral absolu. Un cauchemar technocratique ? La fin de la démocratie ? Ou peut-être simplement une peur panique de la seule chose qui, au final, unit ces narcissiques modernes à l’humanité entière : la mort. En attendant, il semblerait que Thiel et sa bande aient déjà réservé leur cryogénisation. L’avenir post-apocalyptique tranchera.

Washington, le 19 mars 2025. L’image de Donald Trump entouré de leaders spirituels en pleine prière dans le bureau ovale avait marqué.

par Divergence Politique

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