Les États-Unis et Israël sont de plus en plus intégrés : la Chambre des représentants américaine approuve la fusion cybermilitaire de Netanyahou.

Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

La Chambre des représentants américaine approuve une mesure intégrant les technologies de défense américaines et israéliennes : une victoire pour Netanyahou.

Ce qui, il y a encore quelques jours, n’était qu’une hypothèse avancée dans les pages de Divergence Politique, est désormais une réalité inscrite dans la loi. La Chambre des représentants des États-Unis a approuvé une mesure historique prévoyant une intégration opérationnelle entre les forces armées américaines et israéliennes, notamment en matière de cyberarmes et de technologies critiques.

Il s’agit de l’article 224 de la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA) pour l’exercice 2027, principal amendement définissant le budget du Pentagone. Intitulée « Initiative de coopération technologique de défense entre les États-Unis et Israël », la mesure a été adoptée par vote à main levée après le rejet massif d’une tentative du représentant démocrate Ro Khanna (Californie) visant à la supprimer. Seule sa collègue démocrate, Sarah Jacobs, a soutenu M. Khanna.

🇮🇱 Le député américain Ro Khanna affirme que c’est Netanyahou lui-même qui a dit aux membres du Congrès d’insérer la section 224, la disposition fusionnant les armées américaine et israélienne, dans la loi NDAA de l’exercice 2027.

Que prévoit l’article 224 ?

Cette nouvelle disposition autorise le Pentagone à « synchroniser les efforts de coopération afin d’accélérer la recherche militaire bilatérale, les essais, l’évaluation, l’intégration des systèmes et la coopération bilatérale ». Concrètement, il s’agit d’identifier « les technologies développées conjointement ou d’origine israélienne en vue de leur intégration potentielle aux systèmes américains ». Elle prévoit également la possibilité de promouvoir « des exercices conjoints et le partage d’informations afin de garantir la capacité opérationnelle de développer des technologies développées conjointement » dans divers domaines, du cyberespace à l’espace.

La Chambre des représentants a voté le 4 juin dernier sur une nouvelle mesure visant à fusionner des éléments des armées israélienne et américaine, notamment dans le domaine des cyberarmes. L’article 224, comme on l’appelle, est inclus dans la loi d’autorisation de la défense nationale. Le représentant Ro Khanna, démocrate de Californie, a présenté un amendement visant à le supprimer.

Comme on l’a expliqué précédemment sur Divergence Politique, il ne s’agit pas de créer des unités combattant sous le même drapeau, mais d’établir un lien structurel et profond autour de technologies clés : Washington finance déjà l’armée israélienne à hauteur de 3,8 milliards de dollars par an, mais Israël fournit en retour des investissements, des brevets et des recherches qui repoussent les limites technologiques des États-Unis. Ce lien devient désormais symbiotique.

Les coulisses de Netanyahou

Ce qui rend l’affaire encore plus significative, c’est la révélation du député Ro Khanna lui-même, qui a déclaré lors du débat : « C’est le Premier ministre Benjamin Netanyahou en personne qui a demandé aux membres du Congrès d’inclure l’article 224 dans la loi NDAA.» Cela démontre comment le gouvernement israélien s’est activement employé à transformer la traditionnelle relation d’aide militaire en une véritable fusion de la défense.

Sur Responsible Statecraft, Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), qui a démissionné de son poste pour protester contre la guerre contre l’Iran, a qualifié la mesure de « déviation dangereuse par rapport à la doctrine « L’Amérique d’abord » de l’administration Trump ». Selon Kent, « Nous ne pouvons pas externaliser des composantes de notre sécurité nationale à des nations qui ne partagent pas nos intérêts. Or, cette proposition ferait exactement le contraire.»

Les inquiétudes sont nombreuses. Premièrement, l’article 224 permettrait aux fabricants israéliens d’opérer en permanence aux États-Unis avec des partenaires américains, leur conférant un avantage concurrentiel sans précédent au sein du Pentagone. Deuxièmement, l’intégration des chaînes de développement technologique pourrait ouvrir la voie à des « portes dérobées et des logiciels espions » qu’Israël pourrait utiliser pour influencer la politique américaine. Enfin, sur le plan stratégique, alors que la guerre contre l’Iran a jusqu’à présent coûté plus de 50 milliards de dollars aux contribuables américains, l’opinion publique américaine est de plus en plus sceptique face à une alliance qui semble unilatérale.

Comme je le souligne plus haut, l’article 224 transforme Israël, simple bénéficiaire d’aide étrangère, en membre à part entière de l’appareil de défense et de renseignement américain. Il s’agit d’un tournant historique, destiné à redéfinir profondément l’équilibre des relations entre les États-Unis et Israël, et d’une victoire personnelle pour Benjamin Netanyahu, qui a toujours mis l’accent sur l’intégration stratégique avec Washington, jugée essentielle pour Tel-Aviv.

par Paolo Hamidouche

Rédacteur en chef sur Divergence Politique et auteur de Tribunes régulièrement avec des articles et sujets divers touchant à la Géopolitique internationale sur Stratpol. Vous pouvez me suivre sur X [@Paolino_84] et VK [https://vk.com/club234015974]

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