Venezuela, l’échec du sommet et le projet de loi sur les ressources !

Paolo Hamidouche [ X | VK ]

La décapitation politique du régime vénézuélien n’est ni un geste impulsif ni une opération « morale » déguisée en acte de droit international. Il s’agit avant tout d’un choix cynique, fruit d’une évidence criante : lorsqu’un pays possède des ressources stratégiques exceptionnelles, la politique et l’économie sont indissociables, et l’économie, de la sécurité. Frapper au sommet, dans ce contexte, revient à tenter de briser la chaîne de commandement qui contrôle l’accès à la richesse. Ce n’est pas seulement Maduro, l’individu, qui est visé, mais aussi les mécanismes de contrôle que représente son pouvoir : licences, concessions, triangulations, protection militaire, flux financiers parallèles.

Malgré l’effondrement de la production et l’hémorragie sociale, le Venezuela demeure une superpuissance énergétique en devenir. Son anomalie n’est pas la rareté, mais l’abondance : d’immenses réserves de pétrole, souvent lourdes et difficiles à extraire, nécessitant des technologies, des investissements et une chaîne d’approvisionnement industrielle stable. Le problème est le suivant : pour Washington, il ne s’agit pas du faible niveau de production de Caracas. Le problème, c’est que la faible production du Venezuela est politiquement « soustraite », et que son potentiel futur, s’il était libéré, pourrait bouleverser les équilibres régionaux et les marchés de l’énergie. Le pétrole vénézuélien n’est pas qu’une simple matière première. C’est un levier de pouvoir, surtout à une époque où chaque fluctuation des prix et des flux a des conséquences immédiates sur l’inflation, le consensus et la stabilité politique en Occident.

🚨🇻🇪 « Des bombes sont tombées sur des bâtiments résidentiels et des infrastructures civiles » – ministre de l’Intérieur vénézuélien

Cependant, « nous ne sommes pas vaincus », a déclaré Diosdado Cabello après les frappes américaines contre le pays.

💬 « Le pays est plongé dans un calme complet. Ils ont tenté cela, pensant peut-être que le peuple céderait, mais ce n’est pas le cas ».

Maduro a fait de l’énergie un instrument de résistance géopolitique. Il a bâti un système de survie fondé sur des contrats opaques, des échanges en nature, des intermédiations et des triangulations avec la Chine, la Russie et l’Iran, des paiements hors du système bancaire occidental et la capacité de contourner les sanctions et de s’y adapter. Tant que le pouvoir politique reste en place, cette architecture parallèle perdure, car elle n’est pas uniquement économique : elle est protégée par des appareils sécuritaires et un réseau d’intérêts qui prospèrent grâce à l’opacité. La « normalisation » ne s’opère pas par la négociation : elle survient lorsque le garant du système tombe.

S’attaquer au dirigeant revient donc à interrompre le processus décisionnel qui permet au Venezuela de rester en dehors du système énergétique occidental. Et c’est là que la décapitation révèle sa véritable nature : il ne s’agit pas d’une punition, mais d’une tentative de rouvrir le marché. Un Venezuela négociable est utile car il permet d’obtenir des concessions : licences, quotas de production, garanties d’investissement, accès aux infrastructures. Un Venezuela qui négocie sans renoncer à sa souveraineté économique est une entreprise vaine et potentiellement dangereuse : il démontre ainsi qu’il peut résister, survivre et même renégocier avec l’Occident sans lui livrer les clés de son sous-sol. C’est ce tabou que Washington cherche à briser.

Outre le pétrole, un enjeu de plus en plus crucial émerge : les matières premières stratégiques. Le Venezuela n’est pas actuellement un centre névralgique du lithium comme la Bolivie ou le Chili, mais il possède des gisements, un potentiel de développement et, surtout, un territoire peu réglementé où l’extraction peut croître rapidement si elle est soutenue par des capitaux et une protection. Dans un monde où la transition énergétique remodèle les chaînes de valeur, Washington ne peut se permettre que les nouveaux centres d’extraction de lithium, de coltan, de terres rares et d’or tombent sous l’influence chinoise ou russe, ni qu’ils deviennent des zones grises où les ressources sont échangées contre une protection politique et des technologies. La persistance du chavisme, en ce sens, est source de risques : un modèle économique fermé, négocié avec des puissances rivales, souvent imperméable aux normes occidentales de transparence et de responsabilité.

La décapitation politique répond donc à une logique préventive : intervenir avant que le Venezuela ne devienne un élément structurel de la compétition pour les ressources critiques. Ce n’est pas un hasard si Pékin investit depuis des années dans les infrastructures, le crédit et un accès privilégié, acceptant des retards, des restructurations de la dette, voire des pertes, pour consolider sa présence stratégique. Pour la Chine, le Venezuela a longtemps servi de terrain d’expérimentation : sécuriser ses approvisionnements et son influence dans un pays très riche mais fragile, en pariant sur le fait que l’Occident ne renforcerait pas, ou ne serait pas en mesure, d’imposer de nouvelles sanctions. Moscou, de son côté, a utilisé Caracas comme plateforme géopolitique et plaque tournante logistique et financière pour contourner les contraintes, tester des canaux de distribution et affirmer sa présence aux portes des États-Unis. Tant que le pouvoir reste concentré et protégé, ces accords tiennent. Si le sommet échoue, tout le système devient renégociable, et surtout, contestable.

Il y a ensuite la dimension du précédent, peut-être la plus importante. Un régime qui survit aux sanctions, qui bâtit une économie d’évitement, qui réduit sa dépendance au dollar et conserve le contrôle de ses ressources envoie un message dangereux aux autres pays producteurs : on peut lui résister, le contourner, négocier avec lui depuis une position autonome. Le Venezuela n’est pas qu’un cas isolé en Amérique latine ; c’est un modèle potentiel de désobéissance économique. Son démantèlement sert à réaffirmer un principe implicite : les ressources stratégiques doivent rester dans un ordre réglementé et vérifiable, et non en dehors. Lorsqu’un producteur devient « incontrôlable », il n’est pas simplement isolé : il est rendu remplaçable ou relocalisé.

Enfin, il y a un facteur souvent sous-estimé : la logique interne américaine. La « guerre contre le narco-État » constitue un cadre idéal car elle permet la fusion de la politique étrangère et de la politique intérieure : immigration, sécurité, criminalité, consensus électoral. Mais derrière cette façade moralisatrice, le levier économique demeure crucial. Car la stabilité des prix de l’énergie, la sécurité des chaînes d’approvisionnement et la capacité d’empêcher les puissances rivales d’établir une présence permanente dans un pays clé de l’hémisphère occidental sont des objectifs qui valent plus que toute rhétorique.

Dans ce contexte, la capture ou l’élimination politique de Maduro revêt une importance qui dépasse Caracas. Il s’agit d’une opération de réalignement systémique, non de démocratisation. Il ne s’agit pas de choisir qui gouverne le Venezuela de manière abstraite, mais de définir qui décide de son pétrole, de ses mines, de son avenir énergétique. Et le paradoxe ultime est que la fragilité même du pays rend l’intervention d’autant plus urgente : un Venezuela fort est négociable, car il dispose d’institutions et de marges d’autonomie ; un Venezuela faible mais indépendant est dangereux, car il peut devenir un gouffre où ressources et alliances s’échangent sans règles. D’où le choix de la décapitation : éliminer le pouvoir pour relancer le jeu des ressources, avant que le temps ne joue définitivement contre les intérêts américains.

Donald Trump annonce la capture de Maduro !

Les États-Unis ont arrêté le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’un raid mené ce matin à Caracas, la capitale, et dans d’autres villes du pays. Le président Donald Trump a annoncé la nouvelle sur son compte de réseau social, Truth. Il a déclaré que Maduro et son épouse avaient été « capturés et expulsés du pays », revendiquant la responsabilité de cette opération d’envergure menée conjointement avec les forces de l’ordre.

Les États-Unis ne reconnaissent pas Maduro comme président du Venezuela depuis 2019, et le successeur d’Hugo Chávez est recherché pour trafic de drogue, une prime de 50 millions de dollars étant offerte pour sa capture. Le département d’État accuse Maduro de diriger le « Cartel du Soleil », une organisation de trafic de drogue, de soutenir des organisations terroristes et de faire passer de la cocaïne aux États-Unis, en collaboration avec les FARC colombiennes et contre des trafiquants de drogue honduriens. Ironie du sort, il y a quelques semaines, Trump a gracié Juan Orlando Hernández, l’ancien président du Honduras, condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue.

Le site War Zone a rapporté que, dans la matinée, des vidéos diffusées au-dessus de Caracas montraient des hélicoptères MH-47 Chinook du 160e régiment d’opérations spéciales (SOAR) (et vraisemblablement des MH-60) survolant la capitale vénézuélienne, tandis que plusieurs explosions se faisaient entendre en arrière-plan. Cette unité était vraisemblablement celle qui a mené l’attaque contre la cible désignée, le président, et a bombardé le domicile du ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, qui demeure injoignable. Ce raid rappelle l’attaque de 1989 contre le Panama pour capturer Manuel Noriega, accusé de trafic de drogue. De toute évidence, le poids du Venezuela dans le système de puissances des nations rivales des États-Unis est plus important que celui de Noriega à l’époque. La capture de Maduro, si elle est confirmée, serait un coup dur pour les États-Unis et soulève de nombreuses questions : l’armée a-t-elle trahi le président ? Quel rôle joue l’opposition, menée par María Corina Machado ? Comment réagiront la Chine, la Russie et les alliés régionaux du Venezuela ? Dans ce contexte de guerre incertaine, la vigilance est plus que jamais de mise.

Venezuela. Manifestations massives en soutien à Maduro (Images entièrement censurées par les médias occidentaux)

Les médias français, porte-voix de l’impérialisme américain, s’attendaient-ils à des manifestations de solidarité pour un « changement de régime » après l’enlèvement du président légitime du Venezuela par des agents de Washington ? Une fois de plus, les mensonges qu’ils répandent depuis des années sont mis à mal, alors que les citoyens vénézuéliens descendent dans la rue pour dénoncer l’agression criminelle des États-Unis et exiger la libération immédiate de leur président légitime.

Depuis samedi, d’importants pans de la population vénézuélienne se mobilisent dans les rues et sur les places de plusieurs villes du pays pour dénoncer les agissements criminels des États-Unis dans la nuit du 3 janvier et exiger la libération immédiate du président constitutionnel Nicolás Maduro et de la principale figure de proue du mouvement, Cilia Flores.

Les manifestations, qui se poursuivent sans relâche, expriment le rejet catégorique par le peuple de l’agression directe contre la souveraineté nationale et de l’attaque contre l’ordre démocratique bolivarien.

Avez-vous vu ces images dans les médias français  ?

Puisqu’ils ne peuvent publier ces vidéos sans avouer avoir menti à leurs téléspectateurs ou lecteurs pendant des années, des chaînes d’informations ou autres journaux du même genre [dont nous tairons les noms pour ne pas leur faire une publicité qu’ils ne méritent pas) n’ont d’autre choix que de recourir à l’autocensure. Il vous appartient donc de contourner le silence de la presse française et Européenne et de diffuser ces images le plus largement possible et de continuer à soutenir des canaux comme Divergence Politique.

par Divergence Politique

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