FULL METAL DICTATURE ? TRUMP EN ROUES LIBRES !

Tribune par Alexis TARRADE

Il l’avait dit il y a moins d’une semaine, au détour d’une conversation captée par des micros restés ouverts après un passage télévisé : Trump rêvait du modèle nord-coréen. Celui d’une nation rangée derrière son leader, qui obéit et surtout ne conteste jamais. À défaut de pouvoir encore l’imposer à toute l’Amérique, Trump vient de l’appliquer avec brutalité à son propre parti.

Alors que les primaires du Kentucky s’annonçaient comme un véritable coupe-gorge pour l’ancien président, il a, d’une main de maître et d’une main de fer, annihilé toute pensée dissidente au sein d’un Parti républicain désormais pétrifié par la peur. Un véritable « Minority Report » politique.

Car Trump n’a jamais été l’élu messianique naturel du GOP. Dès le départ, il a suscité des oppositions internes puissantes, parfois même féroces. Marco Rubio le qualifiait d’idiot. J.D. Vance voyait en lui un menteur sans convictions réelles. Mais cela, c’était avant.

Trump, 45e président des États-Unis, a progressivement vitrifié toute contestation interne. Après sa défaite, certains des plus courageux étaient sortis du silence. Mais un mandat plus tard, porté par une campagne triomphale et un succès devenu incontestable dans son camp, la peur est revenue. Retour au sommeil pour les Rand Paul, Thomas Massie ou Marjorie Taylor Greene ; compromission pour Vance, Rubio ou Lindsey Graham, les ennemis d’hier devenant les soumis de demain.

En quelques jours, Trump a fait adopter un amendement rendant pratiquement impossible pour le DOJ (Department of Justice) d’engager des poursuites contre le président américain ou les membres de sa famille. Il a également demandé un renforcement de la loi FISA, permettant une surveillance quasi totale des citoyens américains, alors même que cette loi cristallise la colère d’une partie des MAGA. Dans une interview récente, il a aussi affirmé que le pouvoir d’achat des Américains — pourtant étranglés par l’inflation — n’était pas prioritaire face au dossier iranien.

Le tout sur fond d’attaques répétées contre les journalistes qui s’interrogent sur l’étrange capacité de sa famille et de ses proches à flairer les meilleurs coups financiers et à empocher, de manière parfois indécente — même au pays du consumérisme — des dizaines, voire des centaines de millions de dollars.

Mais ce système ne peut tenir que par l’exercice d’un pouvoir fort, et Trump l’a parfaitement compris.

Au Kentucky, alors qu’on lui promettait une défaite humiliante, il a rappelé à tous quel animal politique il demeure. Retour du patron. Deux balles au silencieux à bout portant, et la Louisiane était réglée. Un coup derrière les genoux, et l’Indiana, l’Arkansas, le Mississippi ou la Géorgie subissaient le même sort.

Mais avec Thomas Massie, figure nationale autrement plus populaire et crédible, indéfectible soutien des victimes des Epstein files, la panique gagnait les rangs trumpistes. Alors Trump a sorti l’arme nucléaire : aucun risque ne devait être pris. Trente-cinq millions de dollars de fonds de campagne — dont plus de 20 millions venus de l’AIPAC — ont été déployés. Des milliardaires donateurs ont été envoyés sur le terrain précher la bonne parole, ainsi que, de manière totalement contestable au regard du droit américain, Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, pourtant censé avoir d’autres dossiers prioritaires à gérer.

Entre deux campagnes de diffamation sur Truth Social et quelques déclarations assassines devant les micros, Trump a méthodiquement exécuté politiquement Thomas Massie. Ce dernier a sans doute montré une certaine naïveté, ou du moins une incapacité à mesurer l’ampleur de la guerre que son adversaire lui promettait.

L’humiliation suprême pour Massie restera sans doute le ralliement de Turning Point USA — désormais piloté par Erika Kirk — à Ed Gallrein, parfait inconnu et simple marionnette trumpiste, alors même que Charlie Kirk, fondateur de TPUSA, décrivait Massie comme l’homme politique le plus intègre du GOP et son élu préféré. Trahison ultime d’une veuve désormais conviée à toutes les mondanités de la Maison Blanche.

Ce 20 mai, c’est donc toute l’opposition interne à Trump et ceux qui voulaient voir publier les Epstein files au grand jour qui se réveillent avec une gueule de bois monumentale. Les dix points d’écart entre le dissident le plus bankable du camp conservateur et un inconnu soutenu par le patron constituent un gouffre abyssal, ils enterent aussi avec eux les secrets du plus grand scandale de pédophilie de notre ère.

Le constat est désormais limpide : le patron est de retour, et toute velléité de résistance se paiera par des pertes de mandats, des purges politiques ou de longues traversées du désert.

Reste alors une question : partir en exil politique vers de nouveaux horizons, reconstruire un parti alternatif — comme Elon Musk a tenté de le faire, sans succès — ou entrer dans le maquis en espérant que les Américains, le 3 novembre prochain, décideront finalement de l’avenir de Donald Trump.

par Divergence Politique

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