Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]
Le cessez-le-feu n’est plus d’actualité. Netanyahou : « Israël occupera 70 % de Gaza.» Scénarios du conflit en Palestine.
Benjamin Netanyahou interprète le cessez-le-feu à Gaza, conclu en octobre, comme une recommandation et non comme une obligation. Il annonce qu’Israël étendra son contrôle sur l’enclave palestinienne contrôlée par le Hamas, dépassant largement les limites fixées par les accords de Charm el-Cheikh. S’exprimant sur la chaîne 12 le jeudi 28 mai, le Premier ministre israélien a annoncé son intention de porter ce contrôle à 70 %.
Guerre sans fin à Gaza
Il s’agit de repousser sans cesse les limites et d’atteindre de nouveaux objectifs. De plus, les accords conclus entre Israël et le Hamas, négociés par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte, fixent des seuils de contrôle bien inférieurs à ceux établis par les Forces de défense israéliennes au cours des sept derniers mois. Pour être précis, Israël occupe actuellement un peu moins des deux tiers (64 %) de la bande de Gaza. Ce pourcentage est bien supérieur aux 58 % qu’il détenait au moment de la trêve et aux 53 % qu’il était censé détenir temporairement derrière la Ligne Jaune lors de l’achèvement de la phase 1 du cessez-le-feu, qui comprend le retour chez eux des otages enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023.
La phase 2 était censée ouvrir la voie à deux dynamiques : le désarmement du Hamas, d’une part, et le retrait des forces de Tsahal de Gaza, d’autre part. Le calendrier de ces opérations reste incertain, bien que Nikolaï Mladenov, secrétaire général du Conseil palestinien pour la paix, ait clairement indiqué que les États-Unis et leurs alliés doivent faire le premier pas, les militants contrôlant Gaza. Cette situation confirme de facto l’impasse et laisse de nombreuses questions en suspens, notamment la possibilité d’une intensification de l’offensive israélienne. La trêve semble désormais n’être qu’une façade. Al Jazeera a recensé 2 400 violations du cessez-le-feu et ajoute que si Netanyahu ordonnait une augmentation du quota de territoire gazaoui occupé par Israël, la situation humanitaire, déjà catastrophique, se détériorerait encore davantage.
En raison de l’occupation israélienne, les Palestiniens n’ont pas accès à environ les deux tiers de la bande de Gaza. Toute annexion supplémentaire de ce territoire contraindrait deux millions d’entre eux, vivant déjà dans des conditions déplorables, à se réfugier dans une zone encore plus restreinte, après avoir subi deux années de guerre génocidaire.
Netanyahou sous pression relance son offensive à Gaza
Israël se retrouve par ailleurs avec un gouvernement sous pression de toutes parts. L’opposition, menée par Naftali Bennett et Yaïr Lapid, dénonce la marginalisation de Netanyahou en Iran et son incapacité à atteindre ses objectifs stratégiques. Ses alliés nationalistes, Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, préparent des élections anticipées, exerçant une forte pression sur le Premier ministre et le poussant à durcir le ton sur le front libanais. Parallèlement, le chef du Likoud considère Gaza comme un théâtre d’opérations pour démontrer sa détermination et son énergie. Quelle part de Gaza Israël occupera-t-il à l’avenir ? « On verra », avait déclaré Netanyahou de manière énigmatique il y a deux semaines, alors qu’Israël contrôlait 64 % du territoire. « On commencera par là », a-t-il ajouté jeudi, lorsque certains membres de l’assistance, en réaction à son affirmation selon laquelle le quota avait été porté à 70 %, ont réclamé une annexion totale.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, connu pour sa franchise habituelle, s’est également exprimé sans ambages au sujet de l’élimination du commandant de haut rang du Hamas, Mohammed Odeh, réaffirmant l’existence de plans visant à expulser des centaines de milliers de Palestiniens « au moment opportun et de la manière appropriée ». Cette affirmation ouverte, quasi transparente, d’un projet de nettoyage ethnique après une guerre qui a d’abord dégénéré en représailles féroces, puis en génocide, n’augure rien de bon pour un conflit qui n’est formellement contenu que par un cessez-le-feu qui, en réalité, n’est que de façade.

