Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

Trump et Xi ont conclu le sommet avec peu de résultats concrets : quelques lueurs d’espoir sont apparues concernant l’agriculture et le commerce, mais le conflit au sujet de Taïwan persistait.
Pas d’accord retentissant comme espéré la veille, peu de résultats concrets et la vague promesse d’établir une relation bilatérale plus stable. La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping (dont nous avons parlé ici) n’a été ni décisive ni n’a permis de résoudre les points épineux à la table des négociations. Les États-Unis, du moins selon la déclaration officielle de la Maison Blanche, sont convaincus que la Chine les soutient dans leur refus de l’armement nucléaire iranien et leur soutien à l’ouverture du détroit d’Ormuz. De son côté, Pékin a passé sous silence la question iranienne, préférant se concentrer sur la ligne rouge de Taïwan, un point ignoré par les États-Unis.
Les résultats les plus intéressants, outre ceux qui pourraient concerner les PDG ayant accompagné Trump au-delà du Mur et la vente de 200 avions Boeing à la Chine, concernent l’agriculture. Ce n’est pas un hasard si Xi a emmené son hôte au Temple du Ciel, métaphore d’une « bonne récolte » à venir. Il s’agit d’un lieu où les empereurs des dynasties Ming et Qing venaient prier pour de bonnes récoltes et célébrer des rites complexes liés à l’autorité impériale et à l’ordre cosmique. Qui sait si le magnat aura perçu la subtilité symbolique évoquée par Xi ?
M. Xi a salué M. Trump devant le Hall de la Prière pour de Bonnes Récoltes. Ils ont ensuite visité le site ensemble. Pourquoi le Temple du Ciel a-t-il été choisi ?
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Quel accord sur l’agriculture ?
CNN a rapporté que Trump est rentré à la Maison Blanche « avec ces « succès » économiques, certes présents, mais insuffisamment mis en avant, en l’absence de toute annonce ou confirmation officielle de la part chinoise ». Or, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Pékin n’a ni confirmé ni relayé les déclarations du président américain dans les bureaux du représentant américain au commerce, Jamieson Greer. Plus précisément, Washington attend la signature par Pékin d’accords portant sur l’achat de milliards de dollars de produits agricoles américains. « La Chine aura une part importante de nos produits agricoles », a déclaré Trump aux journalistes, sans plus de précisions.
Le soja, principal produit d’exportation américain vers la Chine, de loin le premier acheteur mondial, et les oléagineux, qui ont joué un rôle clé dans les négociations commerciales des deux administrations Trump, seront-ils inclus dans le futur accord ? Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé qu’aucun nouvel achat de soja ne serait effectué.
De son côté, M. Greer a rappelé l’accord sur la fourniture de 25 millions de tonnes de soja par an, conclu en octobre dernier, soulignant que les États-Unis espèrent « conclure un accord portant sur des dizaines de milliards de dollars d’achats agricoles par an au cours des trois prochaines années, à la suite de cette visite ».

Soja, bœuf et Taïwan
Greer a ajouté un détail important. Le haut responsable de la Maison Blanche a confirmé le renouvellement par la Chine de sa licence d’exportation de bœuf américain. Au cours de l’année écoulée, les licences d’exportation de plus de 400 abattoirs américains avaient expiré.
Un problème subsiste : comme indiqué précédemment, la Chine n’a pas encore confirmé les accords spécifiques évoqués par l’équipe de Trump, se contentant d’exhorter les deux pays à « développer les échanges et la coopération » dans des secteurs tels que l’économie et le commerce, la santé, l’agriculture et le tourisme. Les chiffres montrent qu’en 2025, les importations chinoises de soja et de porc en provenance des États-Unis ont diminué respectivement de 24 % et 21 % par rapport à l’année précédente, tandis que les importations de bœuf ont chuté de 59 % et celles de poulet de 7 %.
Ainsi, si le secteur agroalimentaire laisse entrevoir un rapprochement entre les États-Unis et la Chine, Taïwan risque de réduire à néant tout espoir. En effet, alors que Trump a quasiment ignoré la question, Xi Jinping l’a érigée en pierre angulaire des intérêts fondamentaux de son pays. Le message implicite est toujours le même : la réunification, à tout prix, est la priorité absolue du Dragon.


