Les États-Unis reprennent leurs frappes aériennes en Iran. Hersh : « Trump envisage d’utiliser l’arme nucléaire. »

Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

Trump annonce la reprise des attaques contre l’Iran, alors que des rumeurs concernant une possible option nucléaire font surface.

Quatre mois après le début d’une guerre d’usure croissante, Donald Trump a annoncé aujourd’hui la reprise des frappes américaines contre l’Iran. Officiellement, cette décision est motivée par la lenteur des négociations en vue d’un accord mettant fin au conflit déclenché par la destruction d’un hélicoptère Apache américain. Quelques heures plus tard, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir lancé « des frappes d’autodéfense supplémentaires contre plusieurs cibles en Iran, sur ordre du commandant en chef. Ces frappes sont une réponse à l’agression continue et injustifiée de l’Iran », selon X.

Quelques heures plus tôt, depuis le Bureau ovale, Trump avait averti Téhéran : « Ils ont trop tardé à négocier un accord… maintenant, ils vont devoir en payer le prix !» Peu après, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé que le Commandement central américain (CENTCOM) serait « mobilisé » car « le président a dit que nous allions frapper fort l’Iran, et nous le ferons ». S’exprimant devant le quartier général du CENTCOM en Floride, Hegseth a réaffirmé que les États-Unis étaient prêts à « frapper fort l’Iran » si Téhéran refusait de signer un accord. « Ce n’est pas parce que nous voulons relancer quelque chose qu’il ne faut pas relancer, mais parce que nous sommes prêts à dicter les conditions pour obtenir l’accord que souhaite le président Trump », a-t-il déclaré.

Au cours des dernières 48 heures, les forces américaines ont mené des frappes contre l’Iran en représailles à la destruction, la veille, d’un hélicoptère d’attaque Apache de l’armée américaine près du détroit d’Ormuz. L’équipage a été récupéré sain et sauf. Il s’agit du premier Apache perdu dans ce conflit.

Infrastructures civiles dans le collimateur ?

Trump n’a pas exclu des frappes sur des cibles sensibles, notamment des centrales électriques et des ponts. Cette annonce intervient après que les médias d’État iraniens ont rapporté des frappes américaines sur deux réservoirs, perturbant l’approvisionnement en eau dans de vastes régions. La Maison Blanche, quant à elle, continue d’affirmer que les négociations sont en cours : selon des sources citées par CNN, une délégation qatarie rencontre des négociateurs iraniens à Téhéran afin de résoudre les derniers différends. Trump a résumé la position américaine : « Il suffit à l’Iran de commencer à signer un document. »

Pete Hegseth :

Les frappes contre l’Iran qui auront lieu ce soir seront claires et puissantes.

Si elles ont lieu demain soir, elles seront tout aussi puissantes et claires.

L’Iran a ainsi l’opportunité de conclure un accord. C’est là l’essentiel.

L’opération « secrète » dans le détroit d’Ormuz

Parallèlement, Hegseth a révélé que l’opération Projet Liberté, annoncée publiquement en mai pour escorter les pétroliers commerciaux dans le détroit d’Ormuz, puis apparemment suspendue, n’a en réalité jamais cessé. « Elle est devenue clandestine », a expliqué le secrétaire à la Défense. « Nous avons protégé plus de 100 millions de barils de pétrole lors de missions nocturnes que l’Iran n’a pas réussi à empêcher. » Trump a personnellement confirmé l’existence d’une « mission secrète » ordonnée le mois dernier pour garantir l’approvisionnement en pétrole.

L’indiscrétion de Seymour Hersh : Trump envisage-t-il l’énergie nucléaire ?

Selon le journaliste d’investigation Seymour Hersh, les déclarations belliqueuses du président révèlent une profonde frustration. Dans un article explosif publié sur Substack, Hersh révèle que Trump, lors d’une récente réunion confidentielle à la Maison Blanche, a évoqué – de manière certes vague – l’option nucléaire comme un moyen possible de mettre rapidement fin au conflit.

« Il convient de préciser d’emblée qu’il ne s’agissait que de discussions internes entre proches collaborateurs d’un président frustré », écrit Hersh. Mais le contexte est alarmant : la popularité de Trump est en chute libre, il a été copieusement hué lundi soir lors de la finale NBA opposant les Knicks aux Spurs au Madison Square Garden, et les sondages laissent présager une victoire probable des démocrates aux élections de mi-mandat de novembre, avec la possibilité de reconquérir la Chambre des représentants et le Sénat.

Trump à propos de l’Iran :

On était vraiment tout près d’un accord, mais ils continuent de nous faire languir.

Ils nous prennent pour des imbéciles parce que, vous savez quoi ? Ils ont eu affaire à des présidents vraiment stupides.

Dans ce cas, prévient Hersh, une procédure de destitution pourrait être engagée. Pendant ce temps, l’Iran continue de produire des drones et des missiles dans des usines souterraines malgré les bombardements américains et israéliens. Cet « immense échec des services de renseignement » américains et israéliens concernant les capacités souterraines iraniennes a été jusqu’à présent peu évoqué par l’administration Trump.

Larry Johnson, l’ancien analyste de la CIA qui a révélé que le président Donald Trump s’était vu refuser l’accès aux codes nucléaires américains lors d’une réunion d’urgence le 18 avril, a déclaré dans une interview que Trump, dès avril dernier, souhaitait envisager le recours à l’arme nucléaire. Comme le raconte Johnson, le général Caine l’en a dissuadé : « Absolument pas, nous n’emprunterons pas cette voie. » Un affrontement s’en est suivi. Aujourd’hui, cependant, du moins selon Hersh, cette option apocalyptique est de nouveau d’actualité.

par Paolo Hamidouche

Rédacteur en chef sur Divergence Politique et auteur de Tribunes régulièrement avec des articles et sujets divers touchant à la Géopolitique internationale sur Stratpol. Vous pouvez me suivre sur X [@Paolino_84] et VK [https://vk.com/club234015974]

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