Les menaces de Zelinsky contre Victor Orban !

Olivier Rouot

La scène diplomatique européenne a récemment offert un spectacle pour le moins inquiétant. Au lieu de la retenue et du sens des responsabilités que l’on attend d’un chef d’État, -surtout bénéficiant d’un soutien international massif-, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est livré à une sortie qui relève davantage du registre de la menace que de celui de la diplomatie.

Tout est parti d’un différend devenu emblématique des tensions actuelles au sein de l’Union européenne : la décision du gouvernement hongrois d’opposer son veto à un nouveau dispositif d’aide militaire à l’Ukraine, d’un montant avoisinant les 90 milliards d’euros.
Budapest a justifié ce veto en raison d’un contentieux précis : la situation du pipeline pétrolier Droujba, infrastructure stratégique qui permet notamment l’acheminement de pétrole vers la Hongrie.

En effet, selon les autorités ukrainiennes, l’oléoduc aurait subi des dommages empêchant une reprise normale des livraisons.
Cette version est toutefois loin de convaincre tous les partenaires européens. Plusieurs responsables ont demandé qu’une inspection indépendante soit menée afin d’évaluer l’état réel de l’infrastructure. Mais la requête a toujours été refusée par Kiev.
Il s’agit probablement d’un mensonge.

C’est dans ce contexte déjà tendu que Volodymyr Zelensky a choisi d’élever brutalement le ton, visant directement le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
Devant des journalistes, le président ukrainien a laissé entendre que, si la Hongrie persistait à bloquer le financement européen… il pourrait transmettre les coordonnées du dirigeant hongrois aux forces armées ukrainiennes afin qu’elles « lui parlent dans leur propre langage ». Pour notre part, nous restons sans voix…

Cette phrase, prononcée sur un ton sans ambiguïté, a suscité un authentique malaise au sein de plusieurs chancelleries.
Dans le langage diplomatique classique, une telle déclaration s’apparente à une menace directe. Qu’un chef d’État évoque publiquement l-et sur un mode insultant- a possibilité d’impliquer son armée dans un différend politique avec un dirigeant d’un pays membre de l’Union européenne constitue un précédent particulièrement grave.
On mesure ici le fossé civilisationnel qui sépare Zelensky des traditions de la vieille Europe.

Le plus surprenant est que cette sortie intervient alors que l’Ukraine bénéficie déjà d’un niveau d’aide internationale jamais observé dans l’histoire contemporaine.
Depuis 2022, les États européens et nord-américains ont engagé des dizaines de milliards d’euros d’aide militaire, financière et humanitaire. L’Union européenne, à elle seule, a mobilisé plusieurs programmes de soutien d’une ampleur exceptionnelle, au détriments des contribuables, y compris hongrois.

Dans ce contexte, la posture adoptée par Zelensky apparaît comme celle d’un dirigeant persuadé que ce soutien lui est définitivement acquis et qu’il peut désormais se permettre toutes les pressions sur ses partenaires. Le problème est que l’Union européenne repose, (du moins théoriquement…), sur un principe fondamental : celui de la souveraineté et de l’égalité entre ses États membres.

Or, en visant personnellement Viktor Orbán et en tentant publiquement une intimidation militaire, Zelensky franchit une ligne interdite et dangereuse.
Le différend autour du pipeline Droujba illustre parfaitement cette dérive. Au lieu de chercher un compromis technique ou diplomatique, le président ukrainien a choisi de transformer la question énergétique en affrontement politique.
Plus encore, il a déclaré qu’il n’entendait pas réparer l’oléoduc dans l’immédiat, invoquant une « question de principe » liée à l’origine russe du pétrole transporté par cette infrastructure. Une position qui peut satisfaire certains discours idéologiques militants et peu rationnels, mais qui a des conséquences très concrètes pour plusieurs pays européens dépendant de ces flux énergétiques.

Dans la même intervention, Zelensky a en outre osé ironiser sur la situation politique intérieure de Viktor Orbán, insinuant que le Premier ministre hongrois ne pourrait pas remporter d’élections sans cet approvisionnement pétrolier.
Une remarque qui constitue l’intrusion directe d’un chef d’État dans la vie politique d’un autre État.

Le plus frappant reste peut-être l’absence totale de discours sur la paix dans les interventions de l’Ukrainien. Alors que le conflit a déjà causé des destructions immenses et des pertes humaines considérables, les déclarations de Zelensky se concentrent presque exclusivement sur l’obtention de nouvelles armes, de nouveaux financements et de nouveaux engagements militaires.
Après tout : « La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens », expliquait Clausewitz

Cette logique d’escalade permanente pose une question de fond : jusqu’où les partenaires européens sont-ils prêts à suivre un dirigeant qui, loin d’adopter un ton conciliant, multiplie les pressions et les menaces, y compris contre ceux qui osent exprimer une réserve ?

L’Histoire montre qu’aucune coalition internationale ne peut fonctionner durablement sur la base de l’intimidation ou du chantage. Lorsque un chef d’État commence à ressembler à un parrain de la mafia exigeant toujours davantage des ses alliés, la coopération cesse d’être une alliance pour devenir une contrainte.

Et c’est précisément ce glissement qui inquiète aujourd’hui un nombre croissant d’observateurs européens.
Va-t-on réellement intégrer à l’Europe des chefs d’État qui ont un comportement de voyou ?

Il reste une question subsidiaire importante : à quel moment Ursula von der Leyen va-elle sanctionner cette menace directe et ces insultes faites à un chef d’État de l’Union Européenne ?

par Divergence Politique

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