Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]
Des tensions auraient pu dégénérer lors de la fête du 80e anniversaire de Trump. Le FBI a révélé dans un communiqué qu’un attentat était prévu pour l’occasion, et que ses agents l’ont déjoué en livrant les auteurs présumés à la prison.

Alors que l’on s’attend à la signature du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran, prévue vendredi en Suisse, la colère monte parmi les partisans du Grand Israël. À Tel-Aviv, la décision de Trump a été accueillie avec « désespoir », rapporte le Times of Israel.
Ce désespoir trouve un écho à l’étranger, où les organisations juives les plus importantes et les plus puissantes – du Conseil démocrate juif à l’Organisation sioniste d’Amérique en passant par l’AIPAC – ont exprimé leur irritation, ce qui se traduira par des pressions sur le Congrès pour faire obstacle au compromis.
De son côté, Netanyahu, qui a tenu hier une conférence de presse inhabituelle (il s’en était tenu à l’écart pendant trois mois), a attaqué le mémorandum avec virulence, tout en évitant toute critique ouverte. S’adressant aux journalistes présents, outre le récit des prétendus succès remportés dans sa guerre sans fin et sans limites, essentiellement morale, il a clairement indiqué que le combat se poursuit et qu’Israël continuera de défendre les territoires conquis qui garantissent sa sécurité.
C’est un point très délicat, car dans le mémorandum, l’Amérique assume la responsabilité non seulement d’assurer un cessez-le-feu au Liban, mais aussi de rétablir son intégrité territoriale.
Netanyahu, fin stratège, est resté vague, omettant de préciser son désir de conserver l’intégralité du Sud-Liban, une exigence qui aurait immédiatement bloqué l’accord et provoqué un nouveau reproche de la part de Trump. Il ambitionne toutefois de s’emparer du plus de territoire possible lors des négociations plus spécifiques prévues après la signature (à supposer qu’il ne parvienne pas à les saboter). Un retrait total constituerait une défaite irrévocable.
Malgré sa retenue, la colère du Premier ministre israélien était manifeste. Cette colère s’ajoute à celle des puissants lobbies pro-israéliens et des faucons infiltrés au Congrès, au sein de l’establishment militaro-industriel américain et dans d’autres cercles et institutions influents des États-Unis.
En bref, la situation est défavorable à Trump. De plus, ces tensions s’exacerbent et se mêlent à celles qui se propagent aux États-Unis, en proie à une polarisation de plus en plus hystérique.
Des tensions auraient pu éclater lors du 80e anniversaire de Trump, qu’il a choisi de célébrer à sa manière, mêlant cérémonie digne du Far West et esprit des satrapies orientales, avec l’organisation d’un gala de boxe – l’UFC 250 – à la Maison Blanche. Le FBI a révélé dans un communiqué qu’un attentat était en préparation pour l’occasion, attentat que ses agents ont déjoué en livrant les auteurs présumés à la prison.
Nous abordons généralement les déclarations de Boureau avec prudence, compte tenu de son passé peu reluisant et de sa fâcheuse tendance à la manipulation. Dans ce cas précis, nous aurions pu considérer cette déclaration comme un simple exercice d’auto-glorification, sans plus.
Pourtant, cette déclaration comporte des omissions flagrantes. Elle ne précise pas que l’UFC 250 s’est tenu à la Maison Blanche, le situant plus généralement à Washington, D.C., ni que le président y assistait. Ces détails auraient donné une tout autre signification à cette auto-glorification, et donc le caractère différent et plus inquiétant de la déclaration elle-même.
Fox News a révélé par la suite qu’une frappe de drone était prévue pour semer la panique et faire de la foule enragée une proie facile pour les tireurs d’élite postés sur place.
Au-delà des luttes intestines au sein du pouvoir impérial, et pour revenir à la géopolitique, dans la suspension actuelle, qui prendra fin vendredi avec la signature officielle (espérons-le), on peut s’attendre à des tentatives de la dernière chance de la part des mécontents qui, une fois acculés, sont capables de tout.
Le pari de Trump d’imposer à Israël ce qui a été convenu avec Téhéran, bien qu’il semble actuellement porter ses fruits, est en réalité très risqué. C’est d’autant plus vrai que, plutôt que de menacer de représailles concrètes, ce qui mettrait Tel-Aviv sur la sellette (et le monde entier emboîterait le pas), comme le retrait de l’aide financière et militaire, Trump mise tout sur sa relation avec Netanyahu, persuadé que malgré son aversion, il finira par faire le nécessaire. Une attitude plutôt naïve, mais c’est bien dans sa nature.
Selon un rapport divulgué à CNN, Netanyahu tenterait discrètement d’obtenir une rencontre avec Trump. Cette information a évidemment été démentie par le cabinet du Premier ministre israélien afin d’éviter à Netanyahu le risque d’un démenti public, ce qui rendrait encore plus difficile, voire impossible, de minimiser leur différend. Ce serait fatal pour ses chances de réélection.
Reste ensuite la question du Liban, où Trump a moins de poids qu’ailleurs. Hier, il a surpris en déclarant, pour résoudre ce conflit qui « semble interminable » : « Nous devons dialoguer un peu avec le Hezbollah. »
Puis aujourd’hui, au G7 d’Évian, pour se couvrir, il a fait marche arrière – en s’adressant à une organisation qu’Israël qualifie de terroriste… – affirmant que, puisqu’Israël est incapable de résoudre le conflit libanais « sans tuer tout le monde », il est temps que la « Syrie », actuellement dirigée par l’ancien chef d’Al-Qaïda Ahmad al-Sharaa, s’en charge.
Sans surprise, cela ressemble fort à une nouvelle manœuvre de Trump, car al-Sharaa a déjà été contacté à ce sujet et a décliné l’invitation insistante. Le fait est que la Syrie est sous influence turque. Et Ankara perçoit désormais Israël comme une menace existentielle, notamment en raison des déclarations hostiles faites à son encontre par plusieurs responsables politiques de Tel-Aviv.
Par ailleurs, les récents exercices conjoints des forces aériennes turques et égyptiennes constituent un signal adressé à Israël, l’incitant à ne pas répondre aux menaces persistantes. C’est également un signe supplémentaire du repositionnement en cours dans la région.

