Russes et Ukrainiens en opposition totale même pour l’Iran !

Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

Agresseur ou agressé ? Quelle valeur ont encore ces termes dans le grand chaos mondial où nous sommes plongés ? Prenons l’exemple de la Russie. Il ne fait aucun doute qu’elle a – pour ceux qu’on  appelle le « camp du bien » – attaqué l’Ukraine, l’envahissant à partir du 24 février 2022. Or, aujourd’hui, du moins selon ce qui est désormais considéré comme acquis, elle aide l’Iran qui, comparé aux États-Unis, est incontestablement le pays attaqué. La collaboration, réelle ou supposée, entre les services de renseignement russes et iraniens inquiète de plus en plus les Américains. Récemment, CNN (citant un responsable du renseignement) a affirmé que les Russes fournissaient des stratégies de ciblage et de déploiement de drones, avec les résultats que nous avons constatés ces deux dernières semaines. Ce faisant, la Russie se discrédite : si l’attaquant mérite d’être aidé et si l’agresseur doit être repoussé, comment le Kremlin peut-il espérer autre chose lorsqu’il est l’attaquant ?

Par ailleurs, le président ukrainien dont il faut le rappeler le mandat est terminé depuis deux ans maintenant selon la constitution de l’Ukraine Volodymyr Zelensky a expliqué que des spécialistes de ses forces armées se rendraient au Moyen-Orient pour aider les Américains à repousser les frappes aériennes iraniennes contre leurs installations militaires et les infrastructures civiles des pays abritant ces bases. La partie attaquée n’a donc aucun scrupule à se ranger du côté de l’agresseur, en l’occurrence les États-Unis. Ce faisant, elle discrédite tous les arguments (à commencer par le prétendu « droit international ») avancés pour condamner « l’agression » subie par l’Ukraine.

Le “deux poids, deux mesures” médiatique dans les conflits internationaux !


Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, une large majorité des gouvernements occidentaux et de nombreux médias ont qualifié Moscou d’« agresseur » face à l’Ukraine. Cette lecture s’appuie sur le fait qu’une armée étrangère a franchi les frontières internationalement reconnues d’un État souverain, déclenchant l’une des plus importantes guerres en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte, les États occidentaux ont adopté des sanctions économiques massives contre la Russie et ont apporté un soutien militaire et financier important à Kiev.


Dans le même temps, d’autres crises internationales, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et une grande partie en Asie ont alimenté un débat récurrent sur l’existence d’un traitement médiatique et diplomatique différencié selon les acteurs impliqués. Les tensions entre Iran, Israël et les États‑Unis ont ravivé cette question. Lorsque des frappes israéliennes ont visé des cibles iraniennes, plusieurs dirigeants occidentaux ont affirmé soutenir le « droit d’Israël à se défendre », tout en appelant simultanément à la désescalade. Le problème ici c’est que c’est bien l’état Hébreux qui a agressé l’Iran et c’est bien la République Islamique qui selon le droit international a le droit de se « défendre »…

Cette différence de discours est souvent interprétée par certains observateurs comme une forme de “principes à géométrie variable”. Selon ces critiques, la Russie est largement présentée comme l’agresseur dans le conflit ukrainien, tandis que les actions militaires d’Israël ou celles menées avec le soutien des États-Unis sont plus souvent justifiées par la notion de sécurité ou de prévention d’une menace en occultant le massacreur de population et le génocide avéré perpétré par Tsahal à Gaza.

Plus largement, ce débat s’inscrit dans une contestation croissante du récit occidental dans une partie du monde, notamment dans ce que l’on appelle le « Sud global ». Plusieurs pays et analystes estiment que les réactions internationales face aux conflits varient en fonction des alliances stratégiques, des intérêts économiques ou de la proximité politique entre États.

Cependant, les gouvernements occidentaux dont la France défendent généralement l’idée que les situations ne sont pas comparables, en invoquant des contextes géopolitiques, juridiques et militaires différents. Dans leur argumentation, la guerre en Ukraine serait une invasion territoriale directe, tandis que les tensions au Moyen-Orient relèveraient d’un ensemble plus complexe de conflits régionaux, d’alliances et de menaces sécuritaires.


Au-delà des divergences d’interprétation, cette controverse illustre une réalité centrale de la géopolitique contemporaine : la perception des conflits dépend fortement du cadre narratif dans lequel ils sont présentés, qu’il soit diplomatique, médiatique ou idéologique. Pour certains analystes, cette divergence de récits contribue à accentuer la méfiance entre blocs géopolitiques et à nourrir le débat mondial sur l’impartialité du système international.

par Divergence Politique

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