Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]
Israël a frappé le champ gazier de South Pars, une infrastructure essentielle gérée conjointement avec le Qatar et considérée comme le plus grand champ gazier au monde. Cette attaque contre le champ et la raffinerie d’Asaluyeh, principal système d’approvisionnement énergétique de Téhéran, représente, selon certains analystes, la « première véritable offensive dirigée contre une infrastructure stratégique du Golfe » depuis le début de ce que l’on peut désormais qualifier de troisième guerre du Golfe.
Selon l’agence de presse iranienne Fars, « plusieurs réservoirs et installations ont été touchés, ce qui a entraîné l’évacuation du personnel » du site, où les pompiers luttent pour maîtriser l’incendie déclenché par les frappes aériennes israéliennes.
Des sources citées par Axios indiquent que l’opération israélienne a été coordonnée et approuvée par l’administration Trump. Cela marque un revirement par rapport à l’opposition antérieure de Washington à toute frappe de gisements énergétiques sans consentement préalable. La semaine dernière, la Maison Blanche avait expressément demandé à Israël de ne pas frapper les infrastructures énergétiques de la région. Selon la même source, un responsable du département de la Défense américain a confirmé que la frappe aérienne menée par l’armée de l’air israélienne, qui a également touché aujourd’hui la côte d’Ormuz, a été coordonnée et approuvée par le Pentagone.
Le Qatar, qui cogère avec l’Iran ce gigantesque gisement gazier offshore de 9 700 kilomètres carrés renfermant des réserves estimées à 14 000 milliards de mètres cubes de gaz et 18 milliards de barils de condensat, considérées comme essentielles à l’approvisionnement énergétique de l’Iran (où plus de 70 % de la production d’électricité dépend du gaz naturel), a qualifié l’attaque israélienne d’escalade « dangereuse et irresponsable », par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) avait « averti » que plusieurs infrastructures énergétiques en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar devraient être « évacuées en raison d’attaques potentielles ».
La compagnie a ajouté :
🔸 Des éléments de la raffinerie ont été endommagés lors de l’attaque menée vers 14 h, heure locale.
🔸 Aucun blessé n’est à déplorer et tout le personnel est sain et sauf.
🔸 La production de gaz se poursuit dans le respect des protocoles de sécurité.
🔸 Le réseau gazier national reste stable et aucune interruption d’approvisionnement ou de transport n’est à déplorer.
🔸 La compagnie a indiqué que les équipes d’intervention gèrent la situation et que les opérations de refroidissement sont en cours. Elle a ajouté que la situation devrait revenir à la normale prochainement.
🎥 Vidéo : AJE
Le gouvernement de Doha, qui a condamné l’attaque israélienne en la qualifiant de « menace pour la sécurité énergétique mondiale », est extrêmement préoccupé par une possible « implication directe d’autres producteurs du Golfe », ce qui pourrait rendre encore plus difficile, voire impossible, la reprise du marché mondial, déjà fortement ébranlé par le choc provoqué par le blocus du détroit d’Ormuz.
Alors que le Brent atteint un pic à 108,60 dollars et le West Texas Intermediate (WTI) s’élève à 98,12 dollars, les routes commerciales traversant le détroit d’Ormuz restent fermées et exposées aux menaces des Gardiens de la révolution, qui ont déjà pris pour cible neuf navires marchands dans les golfes du Mexique septentrional et méridional, ainsi que dans les eaux proches de ce détroit stratégique. Selon les rumeurs les plus surprenantes concernant d’éventuelles options militaires, ce détroit pourrait également être le théâtre d’une opération terrestre complexe et périlleuse dans les semaines à venir.


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