Le piège de Thucydide, les PDG américains, les exigences chinoises : comment s’est déroulée la rencontre entre Trump et Xi ?

Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

Il convient de prendre en compte au moins trois aspects importants pour mieux analyser la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Le premier concerne le besoin commun des deux dirigeants d’instaurer la stabilité dans les relations bilatérales entre leurs pays respectifs.

Il convient de considérer au moins trois aspects importants pour mieux analyser la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Le premier concerne le besoin commun des deux dirigeants d’instaurer la stabilité dans les relations bilatérales entre leurs pays respectifs. Le second porte sur les moyens d’atteindre cet objectif.

Tandis que Xi justifiait la nécessité de parvenir à un accord pour protéger le monde entier, presque comme s’il s’agissait d’une mission historique, Trump, dans une démarche ouvertement mercantile, a invoqué le commerce et souligné qu’il avait dépêché à Pékin une délégation d’affaires de premier plan composée des dirigeants des plus importantes entreprises américaines. Le discours de Trump, « Je suis ici aujourd’hui pour vous rendre hommage, ainsi qu’à la Chine », s’est ainsi heurté à l’impérieuse nécessité, pour Xi, de « travailler ensemble pour relever les défis mondiaux et instaurer une plus grande stabilité dans le monde ».

Quoi qu’il en soit, et nous en arrivons au troisième point, le dirigeant chinois est parfaitement conscient que le chemin du dialogue est semé d’embûches. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a ouvertement brandi le piège de Thucydide, cette théorie selon laquelle, à travers l’histoire, les puissances établies se sont souvent heurtées aux puissances émergentes pour tenter de contenir leur ascension. Un avertissement à Trump et à son équipe de négociation, même si celui-ci intervient dans un contexte d’ouvertures apparentes.

Trump, Xi et la quête d’une stabilité perdue

« C’est un honneur d’être ici avec vous. C’est un honneur d’être votre ami », a déclaré Trump, promettant que « les relations entre la Chine et les États-Unis seront meilleures que jamais ». Le ton de Xi était tout autre, et plus grave. Dans son discours d’ouverture, il a exprimé l’espoir d’éviter un conflit, tout en affirmant que l’histoire et le monde entier s’interrogent sur la capacité des deux pays à surmonter le piège de Thucydide et à forger un nouveau modèle de relations entre grandes puissances.

Utilisant son vocabulaire complexe habituel et un style à des années-lumière de celui de Trump, Xi a résumé la position souvent exprimée par Pékin : « La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation leur nuit. La Chine et les États-Unis devraient être des partenaires plutôt que des rivaux, œuvrant ensemble au succès et à la prospérité commune, et traçant ainsi la voie à suivre pour les relations entre grandes puissances dans cette nouvelle ère. »

Pour parvenir à la stabilité souhaitée, Xi et Trump proposent des solutions différentes : Xi espère y parvenir en réglant définitivement la question de Taïwan, considérée comme le point le plus sensible entre les deux parties, tandis que Trump prône une paix fondée sur les affaires, une approche qui s’est avérée peu concluante lors des crises où elle a été proposée jusqu’à présent. C’est précisément cette divergence flagrante que les équipes de négociation examineront en détail et à huis clos.

Objectifs communs (rares) et divergences (nombreuses)

L’attitude de Xi Jinping envers les États-Unis a été parfaitement illustrée par un soldat chinois en service à l’aéroport de Pékin. Alors que l’Air Force One du président américain atterrissait sur le tarmac de l’aéroport international de Pékin-Capitale, un soldat chinois se tenait à quelques mètres de là, immobile durant toute la manœuvre.



L’image est devenue virale et constitue une métaphore parfaite de la posture de la Chine face à la première puissance mondiale (bien représentée par l’avion présidentiel de Trump) : une posture disciplinée et assurée, indifférente à la puissance dominante.

🇺🇸 🇨🇳 Un soldat chinois reste immobile tandis qu’Air Force One rugit à quelques mètres de là.

En résumé, la Chine et les États-Unis aspirent tous deux à la stabilité, mais doivent d’abord démêler certains problèmes épineux. Parmi les sujets à aborder dans les prochaines heures figurent des questions sensibles telles que la guerre en Iran (il est peu probable que Pékin fasse pression sur Téhéran pour qu’il résolve le conflit, contrairement aux souhaits de Trump), les tensions commerciales et les relations entre Washington et Taïwan.

La Maison Blanche a toutefois insisté sur le fait que Trump n’entreprendrait pas ce voyage sans l’objectif d’obtenir des résultats concrets avant son départ, laissant entendre que des annonces pourraient être faites, vraisemblablement sur le front commercial (notamment l’engagement de la Chine à acheter du soja, du bœuf et des avions américains). Ce serait déjà un bon point de départ pour apaiser les tensions internationales.

par Divergence Politique

L’actualité en France est dominée par les grands médias mainstream. En soutenant Divergence Politique, vous contribuez à faire vivre un projet 100 % indépendant, garantissant une totale liberté dans sa ligne éditoriale, son ton et la liberté de pensée de ses animateurs ! Divergence Politique, lancé le 1er septembre 2024, dévoilera sa “v.2” sur une nouvelle plateforme le 1er janvier 2025 !

Une réflexion sur « Le piège de Thucydide, les PDG américains, les exigences chinoises : comment s’est déroulée la rencontre entre Trump et Xi ? »

Laisser un commentaire

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture