Aux États-Unis, tout le monde est fou des drones : le Pentagone suspend ses activités, les actions s’envolent (même celles de Trump Jr.).

Paolo Hamidouche [X | VK | Odysee | Substack]

L’euphorie règne aux États-Unis face au potentiel financement de 55 milliards de dollars pour les drones, l’autonomie, les systèmes anti-drones et les chaînes d’approvisionnement.

Le « capitalisme nationaliste » constitue un nouveau paradigme stratégique pour l’économie américaine à l’ère de Trump 2.0, et l’industrie des drones en profite. Le 28 mai, les actions de nombreux constructeurs prometteurs de drones ont grimpé en flèche après la révélation que l’administration américaine se préparait à financer directement plusieurs entreprises du secteur afin de combler un déficit de capacités et de renforcer la suprématie militaire américaine. Selon des responsables américains étroitement impliqués dans le dossier, Washington serait prêt à investir jusqu’à 55 milliards de dollars dans le programme « Drone Dominance » du Pentagone, d’après des informations recueillies par le Wall Street Journal.

Le département de la Défense (ou département de la Guerre), dirigé par Pete Hegseth, a créé la Joint Interagency Task Force 401 afin d’accélérer la préparation des forces armées américaines à l’utilisation de drones pour la reconnaissance, le combat et toutes les phases des opérations militaires. L’administration Trump a déjà réalisé des gains considérables grâce à plusieurs acquisitions, comme celle d’Intel, le géant des semi-conducteurs dont la participation américaine, acquise en août 2025, a quadruplé de valeur en quelques mois seulement. Wall Street a salué cet engouement, alimenté par ces annonces.

Airo (+21 %), Red Cat Holdings (+35 %) et AeroViroment (+19 %) ont toutes connu une forte hausse, malgré des revenus de seulement quelques centaines de millions de dollars, dans un contexte de perspective d’intervention directe du Pentagone dans ce domaine. Mais le véritable gagnant est Unusual Machine : +62 % pour le groupe floridien, qui bénéficie de la présence, en plus, de Donald Trump Jr. à son conseil d’administration. Sa présence pourrait donner un coup de pouce supplémentaire à l’entreprise, qui figure parmi les bénéficiaires potentiels de l’accord. Tout reste à confirmer, mais cela témoigne du dynamisme des États-Unis dans l’exploration de nouvelles frontières de l’innovation militaire.

Tom Bailey, directeur de la recherche chez HANetf, a souligné l’euphorie suscitée par le potentiel de financement de 55 milliards de dollars pour les drones, les véhicules autonomes, les systèmes anti-drones et les chaînes d’approvisionnement nationales nécessaires à leur production à grande échelle. Ces dépenses pourraient profiter aussi bien aux grands groupes de défense qu’aux nouveaux opérateurs spécialisés dans les drones. Pour les petites entreprises cotées, l’impact pourrait toutefois être particulièrement significatif, dans un contexte où, pour les entreprises relativement modestes, des financements de défense ou des engagements d’achat relativement limités peuvent considérablement modifier leurs perspectives de croissance.

Tout cela est rendu crédible par la nouvelle vague d’investissements et de mesures stratégiques impulsées par l’administration Trump, dont la position interventionniste sur l’économie, motivée par la volonté de renforcer la sécurité nationale et l’industrie américaines, semble être un gage de crédibilité. Nous attendons le déblocage des fonds, mais nous percevons l’urgence et la crainte américaine d’être distancée, dans ce secteur comme dans d’autres. L’Amérique dispose de talents, d’entreprises et, surtout, de capitaux. Et elle ne compte pas lésiner sur les moyens pour rattraper son retard.

par Paolo Hamidouche

Rédacteur en chef sur Divergence Politique et auteur de Tribunes régulièrement avec des articles et sujets divers touchant à la Géopolitique internationale sur Stratpol. Vous pouvez me suivre sur X [@Paolino_84] et VK [https://vk.com/club234015974]

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