La Vérité n’est pas ce qui est démontrable
La Vérité est ce qui est inéluctable
Antoine de Saint-Exupéry
On nous parle souvent de l’Intelligence artificielle. Surtout depuis l’apparition de « Chat-GPT» et des nouveaux programmes de ce type qui se développent de plus en plus.
En effet l’innovation la plus intéressante de Chat-GPT est le « G ». Ce G signifie que ces programmes sont « génératifs ». C’est-à-dire qu’ils peuvent générer par eux-mêmes de nouveaux apprentissages, et donc les décider par eux-mêmes. Cela semble « intelligent ». Car il y a comme une décision autonome qui est prise par la machine.
Que faut-il en penser ?
L’IA n’est pas Intelligente
Je vais me référer ici d’abord à Philippe Guillemant, ingénieur physicien diplômé de l’École Centrale de Paris et de l’Institut du Globe. Chercheur au CNRS, actuellement retraité. Ce qui est super intéressant pour ce qui nous occupe ici, c’est qu’il a travaillé sur des développements très avancés de l’intelligence artificielle appliquée à l’analyse des images en mouvement.
Et son analyse est intéressante.
- Pour lui l’Intelligence artificielle n’est pas intelligente, car au fond c’est un ensemble d’automatismes améliorés par des algorithmes très perfectionnés et ultra rapides.
- Pourquoi ne peut-on pas parler d’intelligence ? Parce que l’IA n’est pas capable d’avoir une intention. Car l’intention ne peut être produite que par une conscience. L’intention est une vibration que l’IA n’est pas capable de produire. Car l’IA n’est pas conçue pour produire des intentions.
- Mais l’intelligence est et reste dans la conscience de l’inventeur de cet algorithme. De même les choix éthiques (Ex : drones tueurs) qui sont à la base de tout algorithme, émanent de la conscience de l’inventeur.
La Conscience n’est pas dans le cerveau
Et Guillemant ajoute qu’il est de plus en plus évident pour lui que la conscience n’est PAS une émanation du cerveau, mais au contraire qu’elle est de nature quantique et que c’est elle qui aide le cerveau à fonctionner.
« Mes travaux personnels en vision artificielle m’amènent également à conclure que la conscience, en particulier visuelle, ne peut pas siéger dans le cerveau, étant donné la perte d’informations visuelles qui se produit très rapidement dès qu’elles se dispersent en interagissant avec le cerveau. J’en ai déduit que le cerveau sert à reconnaître et à analyser l’information, et non pas à la mémoriser, et encore moins à la voir… Pour faire bref, il ne servirait pas plus à synthétiser la conscience que l’électronique d’un téléviseur servirait à synthétiser celui qui regarde une émission.»1
L’importance du niveau de conscience des utilisateurs
Mais en plus il nous faut également prendre en compte le niveau de conscience des utilisateurs de cette IA. Car il y a en effet plusieurs manières d’utiliser l’IA. Comme il y a plusieurs manières d’utiliser n’importe quel outil sophistiqué. Et là nous rencontrons le danger que de nombreux utilisateurs n’utilisent pas leur intelligence critique et se laissent bercer par la croyance que l’IA est une conscience vivante. On relate en Belgique un suicide qui s’ est passé lors d’un dialogue d’un citoyen déprimé avec une IA.
Il y a aussi un second danger assez réel. C’est que des forces politiques négatives utilisent l’IA pour manipuler les citoyens par exemple en les effrayant de plus en plus jour après jour.
Et cela semble fonctionner de manière assez convaincante, pour le moment.
L’évolution de l’IA et celle de l’Humanité.
Je suis impressionné par la rapidité de l’évolution de l’IA. Et j’observe en même temps la difficulté croissante des humains à gérer les nouvelles responsabilités éthiques que cet outil suppose de notre part. Oui d’une certaine manière j’ai l’impression que notre évolution technologique va beaucoup plus vite que l’évolution de notre conscience éthique, face à ce nouvel outil.
Car évidemment il ne s’agit pas de refuser ce nouvel outil comme les fameuses Luddites en Grande Bretagne qui ont détruit les nouveaux métiers à tisser au début du 19° siècle. Mais il s’agit pour l’Humanité d’apprendre comment utiliser ce nouvel outil en faisant évoluer notre conscience et notre responsabilité éthique.
Willis Harman annonce deux changements fondamentaux : M3 et la vie après la mort
Willis Harman dans son livre prémonitoire qui était 30 ans en avance 2, nous annonce deux changements fondamentaux dans le monde.
Le premier changement est une changement de la définition même de la matière et de la réalité.
Nous allons passer progressivement d’une Métaphysique M1 à une métaphysique M3.
La métaphysique M1 qui est encore dominante considère que l’univers est constitué de matière et d’énergie. Et que si la conscience existe, elle provient de la matière. Le but de la science est donc est d’étudier la monde observable avec la méthode scientifique matérialiste et analytique.
La métaphysique M3 qui va dominer progressivement par la prise de conscience d’un nombre croissant de citoyens, considère que c’est la conscience qui constitue l’élément fondamental de l’Univers. L’esprit ou la conscience est l’élément primaire à partir duquel l’énergie et la matière émergent d’une manière ou d’une autre. Le monde physique est à la conscience universelle ce que l’image d’un rêve est à un esprit individuel. Ultimement il est possible d’entrer en contact avec cette réalité masquée derrière le monde des phénomènes, non pas au travers des sens physiques mais plutôt en recourant à l’intuition profonde. La conscience n’est pas le produit ultime de l’évolution matérielle ; en fait, la conscience était là en premier !
Le deuxième changement profond est la redécouverte de l’évidence de la vie après la mort. En effet dans la nouvelle métaphysique M3 notre vie terrestre est redéfinie comme une incarnation temporaire de notre conscience supérieure et immortelle. C’est aussi ce que disent de nombreuses sagesses orientales et des penseurs comme Pierre Teilhard de Chardin.
Or notre civilisation actuelle, par son matérialisme, enseigne la peur de la mort. Car pour eux la mort est la fin de tout. Il n’y a rien après. Rien !
Et cette peur de la mort conditionne ensuite toutes les autres peurs. Et ces peurs collectives accumulées se « sécurisent » par des phénomènes comme la consommation sans limites érigée en norme dans la « société de la consommation », mais aussi l’enrichissement sans limites comme coussin de « sécurité » face à la mort.
« … Si la vie se résume à un ensemble de processus physiques et chimiques extrêmement complexes régulés par les messages codés de l’ADN, lorsque ces processus s’arrêtent nous mourons et cela signifie notre fin en tant qu’organismes physiques. Si notre conscience, notre individualité, notre personne, nos valeurs et les interprétations que nous chérissons ne sont que des simples créations de ces processus, cela signifie que lorsque ces processus cessent de fonctionner nous n’existons plus. Certes, un tel sort peut être redouté et la peur de la mort est omniprésente dans notre société, dissimulée sous de multiples déguisements dans lesquels nous recherchons la « sécurité ». (p.117)
Mais il y a une autre vérité, un autre narratif :
« Mais la « sagesse éternelle » de traditions spirituelles ancestrales exprime une vérité différente. Elle affirme que nous appartenons à un monde signifiant par essence, dans lequel la mort du corps physique n’est qu’un simple prélude, une transition vers quelque chose d’autre. Les traditions mystiques et contemplatives ont souvent donné d’amples détails à ce sujet, bien que toute description verbale soit sans doute inapte à transmettre de façon adéquate les enseignements de ces traditions. » (p. 118)
Cet enjeu de la vie après la mort illustre parfaitement la force de nos préjugés
« Cet enjeu de la conscience et de la vie après la mort ne constitue qu’un aspect du changement global de la vision mondiale. Il est néanmoins utile car il illustre parfaitement la force de nos préjugés. Des tentatives sérieuses ont été faites pour explorer le concept de la survivance de la conscience d’un être vivant après la mort physique, et les preuves accumulées ont posé de nombreux problèmes aux scientifiques positivistes et aux coreligionnaires les plus convaincus car elles n’étaient pas conformes à leurs idées préconçues. Cependant si ces éléments sont étudiés avec humilité et ouverture d’esprit, elles semblent pointer du doigt les caractéristiques d’une « nouveau récit » qui serait en train d’émerger, une histoire qui diffère radicalement de la vision mondiale qui prédomine actuellement ». (p.118)
Quand va se produire ce double basculement annoncé par Willis Harman, et par des physiciens actuels comme Philippe Guillemant? Personne ne le sait avec précision. Mais l’échéance pourrait être assez proche selon certains médiums comme Edgar CAYCE3.
2 milliards de réenchanteurs, bientôt 3 milliards
Dans mon dernier livre4 co-écrit avec la jeune économiste Aurélie PIET, je fais part d’une évidence qui s’est imposée à moi en cet automne de ma vie et tant de rencontres internationales de qualité. Le changement est en train de se produire, mais par en bas. Par les citoyens qui se mettent debout et redécouvrent leur dimension intérieure, par des chemins culturels, religieux, mystiques, ou sportifs ! Les cheminements sont éminemment différents dans les diverses régions du monde.
Mais ce nombre de citoyens a déjà atteint les 2 milliards et est en train de grandir rapidement vers les 3 milliards. Je ne dispose pas de statistiques exactes pour tous les pays. Mais mon approximation est la plus exacte possible dans la conjoncture actuelle.
Et je suis aussi persuadé que nous allons vers le basculement dans une nouvelle plaque tectonique post industrielle, basée sur M3 et sur une certitude de notre vie après la mort.
Dans ce basculement, notre conscience individuelle et collective va se développer de manière rapide comme un virus positif, en vivant le réenchantement individuel et collectif de la certitude de la vie après la mort et l’enchantement aussi au sein de cette nouvelle métaphysique (M3) de la conscience qui fait advenir la matière.
Conclusion :
Et dans ce contexte totalement nouveau, on comprend que l’Intelligence artificielle sera un outil très utile au service de notre « nouvelle conscience » éveillée, solidaire et responsable d’un monde renouvelé.
L’excellente nouvelle est que notre niveau de conscience individuel et collectif va s’élever rapidement. Et c’est ainsi seulement à cause de l’élévation de notre conscience éthique que l’IA redeviendra l’outil très utile à notre service.
C’est le message exactement opposé à celui des transhumanistes5.
1 Philippe GUILLEMANT : Le Grand Virage de l’Humanité. Éditons Trédaniel, Paris 2023, p.163.
2 Willis Harman: Global Mind Change: the promise of the 21st century. Berret-Koehler Publishers, 1998. Traduction Française chez Ariane éditions, Montréal: Quand la nouvelle vision de la conscience transforme le monde. 2014 voir Chap. 2 & 5
3 Voir sur YouTube les « Prévisions de CAYCE pour 2025 », faites en 1940, peu avant sa mort en 1949. https://www.youtube.com/watch?v=MmVB0oqWcBU
4 Aurélie PIET & Marc Luyckx : Deux Milliards de réenchanteurs : le Manifeste des Acteurs du changement. Éditions ACTES SUD, Arles, 2023.
5 Philippe GUILLEMANT : Le Grand Virage de l’Humanité. Voir le chapitre 4 « L’escalier du transhumanisme »

Marc Luyckx né en 1942, a eu trois vies.
Il a d’abord fait un doctorat en théologie, grecque et russe comme prêtre catholique.
Il a ensuite fait partie de la fameuse « Cellule de Prospective » de la Commission européenne, créée par Jacques Delors, où il s’occupa des questions de philosophie, d’histoire, de sociologie, dans l’hypothèse d’un changement de société, accéléré par l’immatérialisation de l’économie mondiale (société de la connaissance).
Dans la troisième phase de sa vie il a été doyen puis vice-Président de la « Cotrugli Business school » à Zagreb et Belgrade. Il a publié en Français, Anglais, Italien, Allemand. Il a été aussi Vice-Président du groupe des conseillers d’Auroville, Inde du Sud.
