Paolo Hamidouche ( X : @Paolino_84 )
Le directeur du FBI, Kash Patel, a bloqué l’enquête menée par Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme et proche collaborateur de Tulsi Gabbard, sur une possible ingérence étrangère dans le meurtre de l’influenceur conservateur Charlie Kirk. Selon le New York Times, Patel estimait que Kent entravait l’enquête officielle du FBI, bien que ce dernier ait examiné des dossiers à la recherche de preuves d’une aide étrangère au présumé meurtrier, Tyler Robinson. Les collègues de Kent, quant à eux, affirment qu’il ne faisait que son devoir, suivant des pistes et s’assurant qu’aucun groupe, étranger ou national, n’était lié à la mort de Kirk. Robinson, âgé de 22 ans, est actuellement accusé d’avoir tué Kirk alors que le militant conservateur tenait un rassemblement sur un campus universitaire de l’Utah. Le parquet de l’Utah a inculpé Robinson de sept chefs d’accusation, dont celui de meurtre avec circonstances aggravantes.
Les pistes explorées par Kent
Comme le rapporte le New York Times, le Sénat a confirmé la nomination de Kent à la tête de la lutte contre le terrorisme en juillet. Il est l’un des plus proches conseillers de Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national. D’après des sources anonymes citées par le New York Times, Patel a contesté l’examen par Kent des documents du FBI relatifs à l’affaire Kirk. L’enquête de Kent a fait l’objet d’une réunion à la Maison-Blanche en présence de Patel, de Kent et de sa supérieure hiérarchique directe, Gabbard. Étaient également présents de hauts responsables du ministère de la Justice, le vice-président J.D. Vance et la chef de cabinet de la Maison-Blanche, Susie Wiles.
Sous la direction de Kent, le Centre de lutte contre le terrorisme a recueilli des informations auprès d’autres agences de renseignement concernant les liens présumés de Robinson avec l’étranger, ainsi que des financements étrangers provenant de personnes proches de groupes d’extrême gauche comme Antifa. On ignore si le FBI ou le Centre national de lutte contre le terrorisme enquêtent actuellement sur l’éventuelle implication d’une puissance étrangère dans l’assassinat de Charlie Kirk. « Le FBI et la communauté du renseignement, sous la direction du président Trump mettront tout en œuvre pour élucider l’assassinat de notre ami Charlie Kirk », ont déclaré Patel et Gabbard dans un communiqué conjoint au Times.
L’implication israélienne
Bien que le New York Times ne nomme pas explicitement la puissance étrangère présumée impliquée dans le meurtre de Charlie Kirk, il est plausible de supposer qu’il s’agit d’Israël. Comme nous l’avons précédemment rapporté sur Stratpol, une information exclusive de The Grayzone a mis en lumière un contexte troublant : les relations tendues entre Kirk et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui ont alimenté les tensions et les craintes au sein de l’influent conservateur avant sa mort. Selon une source proche de Kirk, qui s’est confiée à The Grayzone sous couvert d’anonymat, le refus de Kirk d’accepter la proposition de Netanyahou d’un important investissement dans TPUSA a provoqué une vive réaction de la part des alliés du Premier ministre israélien.
Deux éléments supplémentaires sont venus s’ajouter à ce contexte. Le premier, rapporté une fois de plus par Grayzone et le journaliste Max Blumenthal, explique qu’un mois avant le meurtre de Charlie Kirk, le milliardaire pro-israélien Bill Ackman a organisé une conférence dans les Hamptons. Selon certaines sources, Ackman et d’autres personnes auraient alors violemment attaqué Kirk pour ses critiques de l’influence israélienne à Washington. Ackman avait organisé cette rencontre dans les Hamptons pour discuter de la menace que représenterait pour l’Occident Zohran Mamdani, candidat à la mairie de New York. Lors de cet événement, Ackman s’est opposé à Kirk sur ses positions concernant Israël, tandis que Natasha Hausdorff, représentante de l’association UK Lawyers for Israel, a élevé la voix contre le jeune homme de 31 ans, d’après un participant.
Le journaliste Tucker Carlson a déclaré que Charlie Kirk, lors d’un événement organisé par TPUSA en juillet, l’avait interrogé sur les liens d’Epstein avec le Mossad. Carlson a déclaré que Kirk, tout en aimant Israël, critiquait Netanyahou et la guerre à Gaza, et qu’il avait été « harcelé » par des donateurs sionistes pour l’avoir invité. Deux jours avant la mort de Kirk, Carlson a révélé que ce dernier avait perdu un don de 2 millions de dollars pour l’avoir invité à prendre la parole à AmericaFest en décembre.
Il est important de préciser qu’à l’heure actuelle, aucune preuve irréfutable ne relie le meurtre de Charlie Kirk à Tel-Aviv ou au lobby pro-israélien aux États-Unis. Il est tout aussi clair, cependant, que les relations entre le pouvoir israélien et le militant conservateur s’étaient considérablement détériorées. Pressions, SMS, appels téléphoniques : Kirk était sur le point de rompre avec Israël, une décision qui a irrité nombre de personnes, compte tenu de son influence considérable sur les jeunes conservateurs américains. Suffisamment pour les pousser à le tuer ? Rien ne le prouve.
Néanmoins, il s’agit d’une piste plausible qui mérite d’être explorée afin de faire enfin la lumière sur cette affaire. De toute évidence, cependant, l’administration américaine – Kash Patel en premier lieu – ne partage pas cet avis. Revenons donc à Tyler Robinson. Quel est le mobile de ce meurtre ? Qui est réellement Tyler Robinson ? Comment a-t-il tiré ? À ce jour, les questions sont bien plus nombreuses que les réponses….

