Gaza, la « trêve » n’est qu’une illusion: Israël continue de bombarder, 420 morts depuis le cessez-le-feu !

Paolo Hamidouche [ X | VK ]

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza le 10 octobre, au moins 420 Palestiniens ont perdu la vie. Ce chiffre, communiqué par les autorités de la bande de Gaza contrôlées par le Hamas, pourrait donc être biaisé. Cependant, les raids et les bombardements de ces derniers jours sont objectivement vérifiables, tout comme le fait que chaque incursion aggrave inévitablement le bilan des victimes.

Au-delà des données, et d’un point de vue strictement politique, il faut donc constater que la trêve à Gaza n’est que de façade. On n’assiste plus à des opérations d’envergure, mais pour autant, aucun cessez-le-feu réel n’est respecté.

Raidements ces dernières heures

Comme avant la signature de l’accord d’octobre, le nord de la bande de Gaza est particulièrement visé. Plusieurs raids menés ces derniers jours ont ciblé le quartier de l’hôpital indonésien, non loin de la ville de Gaza. Des bombes ont été tirées depuis les airs, le bourdonnement incessant des drones étant décrit comme tel sur les réseaux sociaux, ainsi que depuis la mer. C’est dans la partie nord de la bande de Gaza que l’armée israélienne a rencontré le plus de difficultés peu avant le cessez-le-feu : c’est là que se cachent les militants du Hamas, et c’est aussi là, parmi les tunnels souterrains et les rares ruelles dégagées de décombres, que des cellules liées au mouvement islamiste tentent de se réorganiser.

C’est pourquoi, outre les bombardements, l’armée israélienne a elle-même admis avoir franchi à plusieurs reprises la fameuse ligne jaune avec ses véhicules blindés. Il s’agit de la ligne tracée sur la carte qui, sur le terrain, marque la frontière entre les zones contrôlées par le Hamas et celles encore sous occupation israélienne. Outre le nord de la bande de Gaza, des raids ont également visé Khan Younis ces dernières 24 heures : une fillette de cinq ans, réfugiée dans une tente de réfugiés, y est la dernière victime civile palestinienne confirmée.

Pourquoi parle-t-on encore de trêve ?

Comme toujours en pareilles circonstances, les accusations fusent de part et d’autre. Le Hamas accuse Israël de violer la trêve à maintes reprises et, de fait, de ne l’avoir jamais respectée. De son côté, le gouvernement de Tel-Aviv accuse le mouvement islamiste. Selon les autorités israéliennes, le Hamas a franchi délibérément la ligne jaune à plusieurs reprises pendant le cessez-le-feu et continue de planifier des attaques contre les soldats israéliens toujours présents.

Quoi qu’il en soit, il est clair qu’il n’est pas question de cesser les hostilités à Gaza. Les combats se poursuivent et le nombre de morts ne cesse d’augmenter. Cependant, déclarer officiellement la fin de la trêve aurait des conséquences encore plus graves. Premièrement, il y aurait le risque d’une reprise des opérations israéliennes de grande envergure, menaçant ainsi d’aggraver une crise humanitaire déjà critique. Deuxièmement, il y a un enjeu politique loin d’être négligeable : Trump, d’une part, et les pays arabes, d’autre part, se sont portés garants de l’accord. Si l’on admettait que l’accord à Gaza ne tient pas, les garants seraient politiquement affaiblis. Et surtout, ils s’exposeraient à de vives critiques. C’est une situation que le président Trump, aux États-Unis, souhaite absolument éviter en cette année précédant les élections de mi-mandat.

par Divergence Politique

L’actualité en France est dominée par les grands médias mainstream. En soutenant Divergence Politique, vous contribuez à faire vivre un projet 100 % indépendant, garantissant une totale liberté dans sa ligne éditoriale, son ton et la liberté de pensée de ses animateurs ! Divergence Politique, lancé le 1er septembre 2024, dévoilera sa “v.2” sur une nouvelle plateforme le 1er janvier 2025 !

Une réflexion sur « Gaza, la « trêve » n’est qu’une illusion: Israël continue de bombarder, 420 morts depuis le cessez-le-feu ! »
  1. […] Le climat d’inquiétude est tendu à l’échelle mondiale. Bien que la vague néoconservatrice de Trump soit atténuée par son ambiguïté habituelle, qu’il a déjà utilisée par le passé pour échapper à l’emprise de ces milieux, les incertitudes et les dangers demeurent considérables. Cela tient aussi au fait que, trop souvent, cette tactique n’a pas empêché les néoconservateurs d’atteindre leurs objectifs et de mettre en œuvre leurs projets sanglants (voir Gaza). […]

Laisser un commentaire

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture