Qu’est-il arrivé à Gaza ? La ville a disparu des radars, engloutie par le silence des grands médias et la lassitude d’une opinion publique versatile. Jusqu’à il y a quelques mois, les rues bouillonnaient d’indignation, animées par des mouvements d’une ampleur apparemment incontrôlable qui, comme nous le craignions, se sont révélés n’être que des vagues d’émotion sans la substance politique nécessaire pour survivre à l’urgence de l’actualité.
Aujourd’hui, la politique française – à l’exception de quelques parlementaires isolés – observe un silence complice et glaçant. Il s’agit de la même classe dirigeante qui, hier encore, cherchait cyniquement à tirer profit du bain de sang et qui, aujourd’hui, ne prononce pas un mot contre l’offensive judiciaire visant les Palestiniens en Europe. C’est cette même classe politique qui, tournant le dos à Gaza, préfère manifester sur des places colorées pour les droits humains en Iran, finissant de fait par favoriser le rétablissement d’un contrôle impérial total.
Pour celles et ceux qui résistent et survivent sous les bombes, rien n’a changé. Une seule chose a changé : les débats passionnés sur le « génocide oui, génocide non » ont laissé place à une hypocrisie généralisée. Un silence qui sert de blanc-seing aux pratiques coloniales, leur permettant non seulement de se perpétuer en toute impunité, mais aussi d’être consacrées avec tous les honneurs dans les sanctuaires du capitalisme prédateur. L’information suivante est nécessaire pour percer ce voile de fumée : tandis que les médias dominants détournent l’attention du monde, voici ce qui se décide réellement pour l’avenir de la Palestine.
Dans le décor stérile et immaculé de Davos, où se rassemblent les « élites mondiales » pour l’ouverture du Forum économique mondial, les préparatifs vont bon train pour la formalisation d’un acte de manipulation géopolitique destiné à redéfinir non seulement l’avenir de la Palestine, mais aussi la nature même de la gouvernance internationale en temps de crise. L’agenda est dicté par Donald Trump : l’intention est d’organiser une cérémonie de signature le jeudi 22 janvier, marquant officiellement le lancement du Conseil de la paix pour Gaza.
Un conseil d’administration qui ne se contente pas de représenter un énième plan de paix voué à l’échec, mais qui institutionnalise un nouveau paradigme néocolonial : la privatisation préventive de toute forme de souveraineté et la transformation de la reconstruction post-génocide en un actif financier géré selon une logique d’entreprise.
Loin d’être un outil de résolution des conflits fondé sur des critères d’équité internationale et sur les principes d’autodétermination des peuples, la Banque des Palestiniens (BoP) est configurée comme un mécanisme de tutelle imposé de l’extérieur. Elle opère par la fusion de la puissance impériale américaine, du capital spéculatif mondial et d’une caste technocratique palestinienne cooptée ; le tout orchestré pour gérer la dévastation en perpétuant les conditions structurelles d’oppression à Gaza au profit du capitalisme du désastre. Dans ce scénario, le déni de l’autodétermination palestinienne n’est pas un effet secondaire, mais une condition sine qua non du fonctionnement du système. Le remplacement de la politique par une technocratie de l’investissement, tout en marquant d’une part la fin de la fiction des « deux États », marque d’autre part le début de l’ère de la gestion de l’apartheid par les entreprises.
Une société holding géopolitique : structure et modèle « pay-to-play »
Le Conseil de la paix marque une rupture nette avec la tradition du multilatéralisme d’après-guerre. Alors que l’ONU, malgré ses limites flagrantes et ses hypocrisies manifestes, repose sur le principe (du moins formellement) de l’égalité souveraine des États et sur un mandat humanitaire, le Conseil de la paix est conçu comme une société holding géopolitique. Sa structure reflète fidèlement la doctrine « L’Amérique d’abord » appliquée à la résolution des conflits : hiérarchique, transactionnelle et explicitement orientée vers le profit et le contrôle hégémonique.
La présidence de la Banque du Pakistan (BoP), assumée directement par Donald Trump en tant que président inaugural, confère à cet organe un caractère personnalisé et supranational qui court-circuite les institutions existantes. La décision d’établir la BoP comme entité internationale distincte, bien qu’entérinée par la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, vise en réalité à dépouiller les Nations Unies de leurs prérogatives sur Gaza. Alors que l’UNRWA (l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens) a été systématiquement privée de financement et délégitimée, la BoP se présente comme le seul acteur capable de mobiliser des ressources. Cependant, contrairement aux agences onusiennes, la BoP, tout en se déclarant « conformément au droit international », concentre les pouvoirs et les mécanismes de contrôle de telle sorte qu’elle n’est pas responsable devant l’Assemblée générale, mais exclusivement devant son Conseil exécutif et, en dernier ressort, devant le président des États-Unis. Ce transfert du pouvoir de décision de l’ONU à Mar-a-Lago marque la transition vers un ordre régi par la volonté arbitraire de la puissance hégémonique.
L’aspect le plus grotesque et révélateur de la nature corporative du Conseil de la Paix réside dans son mécanisme d’adhésion. Le projet de statuts, diffusé auprès des agences gouvernementales et examiné par les institutions financières, établit une distinction brutale entre membres à mandat limité et membres permanents, fondée uniquement sur la richesse. Ainsi, le Conseil de la Paix est présidé indéfiniment par Donald Trump, qui détient un contrôle absolu et un droit de veto. Les « membres permanents » acquièrent influence et mandat illimité en versant 1 milliard de dollars, tandis que les « membres à mandat limité » ont généralement un rôle consultatif de trois ans, accessible gratuitement sur invitation.
En bref, la diplomatie transformée en marché. L’invitation, adressée à une soixantaine de pays, ne répond ni à des critères d’expertise historique ni à des qualités de médiation, mais à la nécessité de lever des fonds pour un fonds fiduciaire fonctionnant en dehors du budget fédéral américain. Dans un contexte alarmant de déficit fédéral et de dette publique américaine, le Conseil de la Paix permet à Washington de projeter sa puissance impériale à moindre coût, faisant payer le prix de la « pacification » à ses alliés subordonnés. Ce milliard de dollars ne représente pas qu’une simple cotisation ; Il s’agit d’un hommage rendu à la cour américaine pour s’assurer une place à la table des négociations concernant le partage du butin de Gaza. Parmi les invités figurent l’Inde, le Vietnam et, bien sûr, l’Italie, dont la position de vassaux est aisément perçue comme un atout. Plus surprenante encore est l’invitation adressée à la Russie de Poutine, dont l’inclusion marquerait une rupture radicale avec la politique d’isolement international menée après 2022. La réticence, voire le refus, de certains alliés traditionnels (comme la France) et l’enthousiasme de dirigeants opportunistes tels que Javier Milei (Argentine) ou Viktor Orbán (Hongrie) illustrent comment la balance des paiements remodèle les alliances mondiales, créant un axe d’États clients prêts à légitimer l’occupation en échange de faveurs politiques ou économiques de la part de l’administration Trump.
Le Comité exécutif : Les maîtres de la « reconstruction »
La composition du Comité exécutif du Conseil révèle une intention claire : transformer la reconstruction de Gaza, d’une question humanitaire, en une opération purement financière et immobilière, sacrifiant ainsi les aspirations politiques palestiniennes. Parmi ses membres figurent des personnalités clés de l’administration et du monde des affaires américains, à commencer par Marco Rubio, secrétaire d’État et partisan d’une ligne dure en matière de politique étrangère américaine, qui assure une couverture idéologique néoconservatrice et une défense inébranlable des intérêts sécuritaires israéliens au sein du Conseil, et Steve Witkoff, magnat de l’immobilier new-yorkais, ami personnel de Trump et envoyé spécial pour le Moyen-Orient. Inutile de s’attarder ici sur Tony Blair, ses échecs et ses initiatives politiques douteuses ; il suffit de dire qu’il incarne la continuité des pratiques néolibérales qui ont ouvert la voie à la catastrophe actuelle. Des personnalités comme Jared Kushner (gendre de Trump) et Marc Rowan (PDG d’Apollo Global Management) considèrent la bande de Gaza comme un « atout » à exploiter : le premier à travers une vision immobilière entachée d’énormes conflits d’intérêts avec des fonds saoudiens, le second appliquant une logique de capital-investissement pour maximiser les profits de la dette, ce qui renforce le caractère prédateur de l’opération. La reconstruction de Gaza est perçue comme une opportunité d’investissement très rentable, garantie par des fonds publics internationaux et les ressources naturelles palestiniennes (notamment le gisement de gaz offshore de Gaza Marine, convoité par Eni et d’autres entreprises). Le modèle repose sur des « profits garantis ». Les entreprises qui obtiennent les contrats de reconstruction (financés par des milliards de dollars de cotisations) opéreront sous un régime de monopole protégé par les armes. Les risques sont socialisés (assumés par les États ou les Palestiniens), tandis que les profits sont privatisés.
Ce dispositif est légitimé par Ajay Banga, président de la Banque mondiale, qui se porte garant technique des investisseurs, normalisant de fait l’occupation israélienne. Le Comité exécutif est ensuite appuyé, de manière subordonnée, par le Conseil exécutif de Gaza, plus opérationnel. En son sein, le cynisme de la realpolitik se manifeste par la présence de la Turquie et des pays du Golfe, qui participent pour préserver leurs relations avec Washington, acceptant tacitement l’effacement politique de la Palestine au nom d’une stabilité régionale illusoire.
Administration locale : Le visage technocratique de l’occupation
Sous l’épaisse superstructure internationale de la Banque de Palestine, opère le Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG). Présenté par la propagande américaine et des médias complaisants comme un gouvernement palestinien technocratique, le CNAG est en réalité l’expression locale du pouvoir colonial. Son analyse sociologique et politique révèle comment la technocratie est utilisée comme une arme de dépolitisation massive. L’insistance sur le caractère « technocratique » et « apolitique » du CNAG n’est, en réalité, pas fortuite. Dans le lexique de la balance des paiements, « politique » est synonyme de Hamas ou de Résistance, et donc de « terrorisme ». Par conséquent, être « apolitique » signifie accepter le statu quo imposé par la puissance occupante.
L’Administration centrale palestinienne (ACP) est conçue pour gérer les conséquences de la guerre (faim, maladies, décombres) sans jamais pouvoir s’attaquer à ses causes (le siège, les bombardements, l’occupation). Il s’agit d’une administration municipale déguisée, dépourvue de souveraineté législative, de contrôle des frontières et d’autonomie en matière de sécurité. Les membres de l’ACP, dont beaucoup sont d’anciens responsables de l’Autorité palestinienne, sélectionnés au terme d’un processus de vérification rigoureux mené par Israël et les États-Unis, appartiennent à une classe sociale particulière : l’élite palestinienne mondialisée, souvent formée en Occident, liée à des ONG internationales et à des agences de développement, et largement déconnectée des réalités de la vie à Gaza. À la tête de ce système se trouve Ali Shaath, dont l’expérience dans les zones industrielles préfigure la transformation de Gaza en une vaste enclave productive de type maquiladora, où une main-d’œuvre bon marché est au service de capitaux extérieurs, à l’intérieur de périmètres de sécurité militarisés.
De plus, l’ACP opère physiquement, du moins dans un premier temps, depuis le Caire ou des enclaves protégées, créant une distance physique et psychologique infranchissable avec la population qu’elle est censée gouverner. Sa légitimité ne découle ni du vote populaire (inexistant) ni d’un consensus social, mais du décret relatif à la balance des paiements et de la reconnaissance internationale. Ceci la rend structurellement fragile et dépendante d’une protection militaire extérieure. La distinction opérationnelle est ici cruciale : la sécurité intérieure et l’ordre public sont confiés à la Force internationale de stabilisation (FIS), un corps de troupes composé de ressortissants de pays « amis », tandis que l’armée israélienne conserve le contrôle exclusif du périmètre de la zone dite jaune et le pouvoir d’intervention militaire directe partout, agissant de facto comme une force souveraine. Le gouvernement de Gaza se trouve ainsi dans la position historique inconfortable d’un gouvernement fantoche installé par des puissances coloniales. La promesse de « redonner le sourire aux enfants » paraît grotesque face à un mandat qui accepte la démilitarisation forcée et le renoncement de facto à Jérusalem et au droit au retour.
La nouvelle géographie : zonage, expropriation et le plan du « Grand Trust »
Le projet de balance des paiements ne se contente pas de redessiner la structure organisationnelle du pouvoir ; il intervient chirurgicalement sur la géographie physique de Gaza. Les plans de développement militaire et immobilier révèlent une stratégie de zonage de type apartheid visant à fragmenter le territoire et à sélectionner la population en fonction de son utilité économique ou de la menace qu’elle représente. La création de la « Ligne jaune » divise la bande de Gaza en macro-zones fonctionnelles. La nouvelle géographie est redessinée en trois compartiments étanches, institutionnalisant une ségrégation rigide.
Le sommet de la pyramide est la Zone Verte, située le long de la bande côtière nord et des couloirs humanitaires. Cette zone, sous contrôle israélien direct et accessible uniquement par vérification biométrique, sera le seul moteur du capital de reconstruction. Des plateformes logistiques, des sièges internationaux et des résidences de luxe y seront construits ; l’accès sera réservé à un groupe restreint de Palestiniens « vérifiés », créant de fait une classe privilégiée de travailleurs indispensables au système et séparés du reste de la population.
Les masses exclues sont confinées dans la Zone Rouge, qui comprend des zones intérieures densément peuplées et des camps de réfugiés (comme Khan Younès). Ici, la logique n’est pas le développement mais le « confinement » : dans ces zones, la reconstruction sera minimale, voire inexistante, et la population, constamment surveillée par des drones, sera soumise à un véritable « entreposage humanitaire », où la vie se résume à une simple survie biologique assurée par l’aide alimentaire.
Enfin, la Zone Jaune, une bande de sécurité qui longe la frontière israélienne et le corridor de Netzarim, isole hermétiquement le territoire. Il s’agit d’une zone d’exclusion totale (une zone de mise à mort) avec une présence militaire israélienne permanente, servant de tampon infranchissable entre le monde extérieur et l’enclave palestinienne.
Les déclarations de Jared Kushner, selon lesquelles le littoral de Gaza représente un « bien immobilier de grande valeur », ne sont pas de simples gaffes, mais constituent le cœur du programme économique. Kushner a explicitement suggéré qu’Israël devrait dépolluer la zone et « déplacer la population », peut-être vers le Néguev, afin de permettre le développement. Au sein de la BoP (Banque centrale de Palestine), cette vision se concrétise dans le plan « Great Trust » (Reconstruction, Accélération économique et Transformation de Gaza). Ce document a été rédigé par d’anciens consultants du Boston Consulting Group – un cabinet qui a depuis pris ses distances avec ce travail – et a fait l’objet de discussions avec le Tony Blair Institute. Le plan prévoit de transformer le littoral de Gaza en une destination touristique et commerciale de luxe, sur le modèle de Dubaï, avec des îles artificielles et d’importants projets d’infrastructure, une fois les décombres des maisons palestiniennes détruites déblayés. Pour construire des complexes hôteliers de luxe et des pôles technologiques, la population pauvre et « dangereuse » doit être déplacée. Le zonage sert précisément cet objectif : repousser la population vers l’intérieur des terres (zones rouges) ou l’inciter à une émigration « volontaire », libérant ainsi le littoral pour les capitaux internationaux.
Le plan du Grand Trust propose l’utilisation de la technologie blockchain pour gérer les cadastres et titriser les actifs immobiliers. Dans un contexte où les cadastres ont été détruits par la guerre et où des milliers de propriétaires sont morts ou ont disparu, l’imposition d’un nouveau cadastre numérique géré par le BoP risque de légaliser l’expropriation de masse. Les terres dont la propriété ne peut être prouvée selon les nouvelles normes seront saisies par le Trust en tant que « terres publiques » et mises sur le marché pour les investisseurs internationaux. Il s’agit d’une accumulation par expropriation à l’ère numérique.
L’arme économique et la nécropolitique
Le fonctionnement du BoP ne peut être compris sans analyser l’agression économique américaine qui lui a ouvert la voie. La crise humanitaire à Gaza n’est pas un phénomène naturel, mais le résultat de politiques délibérées visant à détruire l’autonomie économique palestinienne et à la rendre dépendante de la « bienveillance » impériale. Ces dernières années, l’administration américaine et ses alliés ont mené une guerre financière parallèlement à leur guerre militaire, coupant les financements de l’UNRWA et réduisant drastiquement les programmes traditionnels de l’USAID. Ceci a entraîné l’effondrement des filets de sécurité sociale, créant un vide que la BoP (Base de la Paix) s’efforce désormais de combler. La BoP se présente comme la seule détentrice de liquidités. Cependant, l’accès aux fonds fiduciaires de la Banque mondiale est conditionné par une coopération totale avec l’ISF (Force de soutien islamique) et l’administration technocratique. Nourriture, eau et ciment deviennent des armes de discipline politique : ceux qui refusent le nouvel ordre ne pourront pas reconstruire.
En définitive, le Conseil de la paix est un instrument nécropolitique, fatal à toute aspiration à l’autodétermination palestinienne. Si la rhétorique diplomatique peut encore évoquer vaguement un « futur État », la réalité matérielle créée par le Conseil de la paix rend un tel État quasi impossible : la séparation administrative entre Gaza (sous l’égide du Conseil de la paix) et la Cisjordanie (sous une Autorité palestinienne encore plus normalisée ou sous occupation directe) devient institutionnalisée. Une entité qui ne contrôle ni ses frontières, ni sa sécurité, ni son économie, ni son cadastre, ni son urbanisme n’est pas un État, mais un protectorat ou une colonie pénitentiaire. Le Conseil national de la paix et de l’administration de Gaza (CNPAAG) est une administration de copropriété pour une copropriété dont d’autres détiennent les clés.
La présence de l’Égypte, des Émirats arabes unis, du Qatar et de l’Arabie saoudite (en tant que financiers occultes) dans ce processus légitime cette architecture. Pour les régimes arabes, le Conseil de la paix est la solution idéale : il leur permet de prétendre « aider Gaza » (avec de l’argent et des technocrates) sans avoir à affronter Israël politiquement. Il s’agit de la continuation des accords d’Abraham par d’autres moyens : une normalisation économique et sécuritaire imposée aux Palestiniens. L’Égypte, en particulier, obtient l’assurance que Gaza ne s’embrasera pas vers le Sinaï, ainsi que des flux financiers pour gérer la logistique de l’aide, soutenant ainsi sa propre économie en difficulté.
Le Conseil de la paix, sur le point d’être scellé à Davos en 2026, est une expérience de sauvagerie calculée, la continuation bureaucratique d’un génocide par d’autres moyens. Pour les Palestiniens de Gaza, le Conseil de la paix n’offre aucune paix. Il offre la possibilité de survivre en tant qu’individus biologiques, à condition qu’ils renoncent à leur existence en tant que peuple politique. Il s’agit, en fin de compte, d’une tentative d’achever la Nakba, non pas par une expulsion totale (qui reste une option), mais par une effacement politique total, enfouissant la question palestinienne sous un manteau de béton, de blockchain et de spéculation néocoloniale.


[…] semble être « le prochain laboratoire de ce modèle, sous la bannière du soi-disant « plan de paix » de Donald Trump, avec des conséquences catastrophiques, comme l’histoire l’a montré […]