Par Alexis,
Bien que les résultats soient pour le moment non définitifs, Viktor Orbán a reconnu sa défaite tard dans la soirée d’hier. Le désormais ancien Premier ministre hongrois, au pouvoir depuis 16 ans avec son parti Fidesz, vient de manquer son pari de rester en place malgré une pression étouffante de l’Union européenne pour que le petit État rentre dans le moule d’une supra-organisation qui s’impose désormais aux États membres.
« La Hongrie a choisi l’Europe. »
Par cette phrase, Ursula von der Leyen a salué la victoire du « conservateur pro-européen » Péter Magyar, affilié au PPE à Bruxelles, qui fêtait sa victoire ce dimanche aux côtés d’Alexandre Soros devant une foule enthousiaste rêvant de plus de démocratie européenne et de davantage de flexibilité sur les questions d’immigration et de droits LGBT.
Avec environ 138 sièges, Tisza remporte même la « supermajorité », fixée à 130 sièges sur les 199 à élire, et s’assure ainsi une marge de manœuvre confortable pour réformer. Une cuisante désillusion électorale donc pour Viktor Orbán, qui avait reçu la semaine dernière le soutien médiatisé de JD Vance et du président Donald Trump. Or, JD Vance est noté à -18 dans un sondage CNN auprès de ses concitoyens, ce qui constitue la plus mauvaise cote de popularité d’un vice-président depuis Dick Cheney (2001-2009). Quant à Trump, controversé par ceux qui l’ont porté au sommet, désormais détesté par une partie de sa base MAGA, celui qui représentait un réel changement est devenu le symbole de la trahison et de la guerre, deux sentiments d’instabilité incompatibles avec les attentes des patriotes européens qui ne rêvent que d’un retour des nations.

La fin du rêve, un réveil brutal
Force est de constater que Donald Trump n’a jusqu’ici tenu aucune promesse. Attendu comme un véritable bouleversement, celui qui devait renverser la table, combattre « l’État profond », les mondialistes, les réseaux Soros ou Young Leaders, celui qui devait redonner du pouvoir d’achat et assurer la paix, a pris à contre-pied même ses plus fidèles supporters. Le monde est à feu et à sang, les économies mondiales sont dans le rouge vif, et quant aux « réseaux », l’affaire Epstein a montré combien l’impunité au plus haut niveau des États permettait à ceux impliqués dans ce qui est présenté comme le plus grand scandale de l’histoire de conserver de nombreux beaux jours devant eux.
Le chantage, la corruption, l’immoralité : tout cela ne compterait pas puisque le président américain a lui-même affirmé qu’il s’agissait d’un complot des « lunatics democrats ». Circulez, il n’y a rien à voir.
Or, les patriotes, qu’ils soient américains, russes ou européens, ne peuvent cautionner le « Gaza luxury resort », le « kidnapping Maduro », l’humiliation — ou la soumission — des nations du Vieux Continent, ou encore l’« Epstein Epic Fury » menée en Iran. Avec un prix moyen en France ce lundi de 2,12 € par litre de sans-plomb, des factures énergétiques ou des prix au supermarché toujours plus élevés, la crise est plus proche que jamais. Faute à qui ? Si l’Europe, par ses lois iniques, et le gouvernement Macron n’ont assurément pas attendu Donald J. Trump pour couler le navire, force est de constater que le président américain a accéléré le naufrage.
L’Espagne, pour avoir refusé aux avions américains de décoller de bases ibériques pour bombarder Téhéran, vient d’être placée sur liste noire par les États-Unis : plus de commerce. Qu’à cela ne tienne, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez entame cette semaine une tournée à Pékin, alors que l’Europe n’a jamais acheté autant d’hydrocarbures russes qu’actuellement.
L’ennemi de mon ennemi…
Nigel Farage, au Royaume-Uni, vient poliment de refuser la proposition de soutien de la Maison-Blanche, alors même que The Guardian et Politico titraient que le principal problème de Farage se nommait Donald Trump, ce dernier étant devenu un repoussoir pour un grand nombre d’électeurs. En Russie, l’effet Trump de novembre 2024 a rapidement déchanté et les Russes, à l’instar de leurs dirigeants, ne prennent plus au sérieux Trump ni sa communication.
Au-delà du constat des faits, la question de la communication, qui fut durant la campagne présidentielle le point fort de Donald Trump, mérite d’être posée. Son côté vaillant et courageux — notamment après la tentative d’assassinat dont il fut la cible — son ton assuré et orgueilleux séduisaient. Pour beaucoup, Trump incarnait la révolte du blanc, hétéro, anti-système, lassé d’être soumis et rabaissé, notamment durant les épisodes Covid et Black Lives Matter, et opposé aux politiques migratoires, familiales, religieuses et sociétales.
Malheureusement, l’ego est le plus grand danger de l’homme, et Trump s’est très vite perdu en chemin. Désormais décomplexé, il parle d’extinction de civilisations, blasphème le jour de Pâques et publie des photos de lui sur son réseau social Truth, grimé en Jésus-Christ.
Celui qui se voit désormais l’égal du fils de Dieu a fini par lasser dans son propre camp. La situation de faiblesse politique dans laquelle il s’est placé, alors que l’échéance du 3 novembre prochain (midterms) approche à grande vitesse, a remis en jeu aussi bien ceux de droite qui attendaient leur heure que l’opposition politique, mise K.O. dès les premiers jours de son second mandat.
En politique, vos plus dangereux ennemis sont toujours ceux de votre propre parti. Dès lors, imaginer une alliance contre nature entre l’opposition, les républicains « against Trump » et certains médias pour une mise à mort en mondiovision du « roux de Mar-a-Lago » n’a rien d’impossible.
Non, décidément, Trump : « You’re not in a good position. You don’t have the cards right now. »

