Emmanuel Macron est prêt à rencontrer Xi Jinping lors de son voyage en Chine, prévu du 3 au 5 décembre 2025. Le président français, a annoncé l’Élysée, se rendra à Pékin et à Chengdu « conformément à sa volonté de maintenir un dialogue constant et constructif » avec le géant asiatique.
Le programme est court, mais de nombreux sujets seront abordés : les multiples questions économiques et commerciales qui concernent directement l’Union européenne, les enjeux technologiques et, vraisemblablement, le conflit en Ukraine. « Les principaux enjeux du partenariat stratégique franco-chinois seront traités, ainsi que plusieurs questions internationales importantes et des domaines de coopération pour relever les défis mondiaux de notre époque », a précisé l’Élysée, qui rapporte les faits : « Emmanuel Macron est de retour en République populaire de Chine depuis sa dernière visite en avril 2023. »
Bien sûr, Xi s’est rendu en France entre-temps, et les pourparlers à distance entre Paris et Pékin se sont poursuivis malgré les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Or, Paris s’apprête à prendre la présidence du G7, et le dirigeant français souhaite une rencontre en face à face avec son homologue chinois.

Macron se rend en Chine : les dossiers sur le bureau de Xi
Selon des sources françaises, Macron, qui voyagera seul mais en qualité d’« envoyé spécial de l’UE », souhaite établir avec Xi un cadre général pour mieux gérer les relations entre Bruxelles et Pékin. Un cadre « qui serve les intérêts mutuels » et, surtout, qui garantisse que « l’UE soit respectée comme un partenaire important de la Chine et non comme un facteur de tensions », ont déclaré des responsables de l’Élysée à la presse.
Il est possible que Macron propose au président chinois un rééquilibrage des échanges commerciaux (pour rappel, en 2024, le déficit commercial de l’UE avec la Chine a atteint 305,8 milliards d’euros), des engagements en matière de sécurité et de paix, ainsi que l’établissement d’une nouvelle forme de relation entre les deux parties.
Autrement dit, le dirigeant français souhaite distancer l’Europe des États-Unis et créer un lien direct entre Bruxelles et Pékin, dans le cadre d’une relation qui se doit d’être imperméable aux interférences de la Chine, des États-Unis et de la Russie.
La Chine a toujours besoin de puces de pointe, tandis que l’Europe exige un accès sécurisé aux terres rares ; les deux parties ont un intérêt commun à partager et à accélérer l’innovation technologique.
Cependant, les questions ukrainienne et taïwanaise demeurent : concernant le conflit ukrainien, Macron souhaite associer la Chine au plan de paix soutenu par les États-Unis ; concernant Taipei, la position de Paris s’inscrit dans le cadre de la politique d’une seule Chine.

Entre diplomatie et pandas
Le voyage de Macron coïncide, entre autres, avec le retour en Chine de deux pandas géants, Huan Huan et Yuan Zi, qui viennent d’être rapatriés du zoo de Beauval à Paris pour passer une retraite bien méritée au sanctuaire de Chengdu.
Âgées de 17 ans, Huan Huan et Yuan Zi sont arrivées dans la capitale française dans le cadre du programme chinois de « diplomatie du panda », qui envoie ces animaux à travers le monde comme ambassadeurs de son influence culturelle.
Les deux pandas devaient initialement rester en France jusqu’en janvier 2027, mais Huan Huan, la femelle, a été diagnostiquée atteinte d’insuffisance rénale. D’où leur retour anticipé au-delà de la Grande Muraille, même si la Chine a déjà annoncé l’envoi d’autres pandas à Paris. « Rassurez-vous, amis français, de nouveaux pandas géants arriveront prochainement », a déclaré l’ambassade de Chine en France. Une déclaration porteuse d’espoir.


