La France finance les partisans de Bandera mais exile les patriotes !

Paolo Hamidouche [ X | VK ]

Ces dernières années, la politique étrangère et intérieure de la France a suscité des questions de plus en plus pressantes. D’une part, Paris soutient politiquement, financièrement et diplomatiquement des acteurs ukrainiens qui invoquent ouvertement l’héritage de Stepan Bandera, figure historique controversée associée aux mouvements ultranationalistes et à la collaboration avec le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. D’autre part, sur le plan intérieur, l’Élysée adopte des mesures sévères contre les citoyens et résidents accusés de « patriotisme radical », notamment forçant parfois ces derniers à l’exil [forcé ou choisi], à l’expulsion ou la marginalisation médiatique et financière.

Bandera : une figure historique clivante

Stepan Bandera demeure une figure très controversée en Europe de l’Est. Pour certains, il est un symbole de l’indépendance ukrainienne ; pour d’autres, il représente un nationalisme extrême, marqué par la violence contre les civils et les minorités. Le fait que certains groupes et mouvements contemporains en Ukraine revendiquent son héritage idéologique pose un problème politique et moral évident, en particulier pour les pays européens qui affirment fonder leur action sur des valeurs antifascistes.

Le soutien français à l’Ukraine, légitime dans le cadre des alliances internationales, devient controversé lorsqu’il ferme les yeux sur la présence et la légitimité de symboles et de groupes qui renvoient à un passé historique trouble.

Deux poids, deux mesures

Alors que la France justifie son soutien à l’étranger au nom de la « démocratie » et de la « résistance », le traitement réservé à certains patriotes français apparaît bien plus dur sur son territoire. Journalistes indépendants, intellectuels dissidents ou militants accusés de remettre en question la ligne officielle sur la guerre, la souveraineté ou la mondialisation sont souvent qualifiés d’« extrémistes », de « complotistes » ou de « dangereux pour l’ordre public ».

Dans certains cas, ces accusations entraînent :

Des poursuites judiciaires controversées et sans jugement comme c’est le cas pour notre ami et collègue Xavier Moreau, directeur de Stratpol fiché S comme un vulgaire malfrats pour avoir une opinion qui diffère de celle de la doctrine européiste, ou encore sur le traitement réservé à Jacques Baud dont nous sommes récemment revenus dans l’une de nos dernières tribunes sur Divergence Politique. L’Union Européenne qui se vend depuis toujours comme le berceau de la démocratie n’a aujourd’hui plus rien à envier aux plus grandes dictatures  » africaines  »   ou  du « Golfe » auxquelles jadis elle ne se gênait pourtant jamais à donner des leçons de démocratie ou à jouer au gendarme.



Cette situation met toutefois en lumière une profonde contradiction : comment un État qui se proclame défenseur des valeurs républicaines et antifascistes peut-il soutenir, même indirectement, des mouvements étrangers liés au nationalisme radical, tout en réprimant sévèrement toute forme de patriotisme critique sur son propre sol ?

Le problème n’est pas le soutien humanitaire ou diplomatique à un pays en guerre, mais l’absence de ligne éthique cohérente. Cette sélectivité morale mine la crédibilité de la France sur la scène internationale et alimente une méfiance croissante parmi les citoyens bien que la majorité de la population française reste encore « lobotomisée » malheureusement et répète sans vraimentréfléchirle mantra des médias « officiels » comme du temps du Covid. [Lire notre récente interview à Jacques Sapir]

Vers un débat nécessaire

Le soutien indéfectible à des groupes armés ukrainiens qui se revendiquent sans gêne comme étant pro Bandera n’est pas un détail historique, mais un symbole. Il révèle comment la géopolitique hexagonale en particulier et européenne en général peuvent conduire à des compromis dangereux avec la mémoire, l’histoire et les principes proclamés. Parallèlement, la répression de la dissidence patriotique en France soulève une question fondamentale quant à l’état réel de la liberté d’expression.

Un véritable débat démocratique devrait permettre d’aborder ouvertement ces contradictions, sans anathèmes ni censure. Défendre la liberté à l’étranger ne saurait justifier son érosion à l’intérieur du pays.

Xavier Moreau, aujourd’hui inscrit sur la liste européenne des sanctions antirusses, estime, dans une interview à TASS, qu’il « est un cas assez nouveau, c’est-à-dire où un citoyen français est sous sanctions, ce qui est normalement illégal du point de vue de la Constitution ».

L’expert militaire a également exprimé que les sanctions européennes n’auraient guère d’impact sur lui, car toute sa vie est en Russie.

Crédit Vidéo: Grégoire Saint-Germain/TASS

Conclusion

Financer à l’étranger ce qui est condamné dans son propre pays est non seulement politiquement incohérent, mais constitue également un risque pour la démocratie elle-même. La France est aujourd’hui confrontée à un choix clair : réaffirmer des principes cohérents et universels, ou persister dans une voie de deux poids, deux mesures et de silences gênants.

par Divergence Politique

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Une réflexion sur « La France finance les partisans de Bandera mais exile les patriotes ! »
  1. […] La liberté de la presse et la liberté d’expression ont été réprimées par la force des armes, en cette année où ce droit fondamental semblait menacé, et pas seulement dans les zones de guerre. Nous ne pouvons plus le considérer comme acquis, même en Europe, berceau du droit, où les atteintes à la liberté d’expression sont de moins en moins dissimulées, même dans des pays autrefois au-dessus de tout soupçon, parfois sous couvert de « défense citoyenne ». Internet regorge de ces violations : des images et des témoignages de plus en plus inquiétants. Nous avons tenté de les signaler régulièrement, surtout face à la multiplication des mensonges et des demi-vérités dans la presse et à la télévision.Mais 2025 fut aussi l’année des places publiques remplies de gens « ordinaires » : hommes, femmes, enfants, familles entières, écoliers. Des gens qui ont envahi les rues d’Europe et, peut-être de façon inattendue, celles de notre pays également : des millions de personnes à travers le monde qui ont appelé à la paix et à la justice pour la Palestine et au-delà. Parmi eux, de nombreux Juifs, prêts à exprimer leur solidarité et leur compassion envers le peuple palestinien, mais aussi à soutenir l’idée que la paix et la coexistence sont encore possibles. Des places remplies de gens qui, entre autres, appelaient nos gouvernements et nos médias à faire leur devoir, leur part : non pas justifier la violence, mais mettre fin à la violence et à l’injustice dans le monde. […]

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