Le vote palestinien et le nouveau gouvernement de Gaza : le Hamas sous pression sur deux fronts !

Paolo Hamidouche [ X | VK | Odysee ]

Le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza d’après-guerre est contesté sur deux fronts : le président palestinien Mahmoud Abbas a convoqué les premières élections dans l’État qu’il dirige depuis vingt ans, le 1er novembre 2025, quelques semaines seulement après avoir nommé le Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), lié au Conseil pour la paix du président américain Donald Trump, chargé de superviser l’administration de la bande maritime palestinienne d’après-guerre.

Ce scrutin portera également sur le renouvellement du parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), une entité politique dont la direction coïncide avec celle de l’Autorité palestinienne.

Démanteler le Hamas

Les bases sont posées pour une prise de contrôle politique des militants qui contrôlent actuellement plus de 40 % de la bande de Gaza et se sont affrontés à Israël jusqu’au 10 octobre. Le Hamas a remporté les dernières élections palestiniennes en 2006 et, en 2007, a rompu avec le Fatah, parti dominant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui dirige l’Autorité palestinienne (AP), et a expulsé ses forces de Gaza. Abbas a présenté ce scrutin comme un moyen d’apaiser les tensions internes et avec les partenaires internationaux, ainsi que d’alléger la pression exercée par Israël et les colons qui assiègent de fait le reste du territoire de l’AP.

Il sera quasiment impossible pour le Hamas de participer au vote, d’une part parce que les autorités de Cisjordanie n’entretiennent pas, à ce stade, d’excellentes relations avec le groupe qui s’est affronté à Israël de 2023 à 2025, et d’autre part parce que le règlement intérieur de l’Autorité palestinienne relatif à l’élection du Conseil national palestinien, le parlement de l’OLP dont le conseil représente les dirigeants de l’État palestinien, interdit de fait son inscription sur les listes électorales.

L’Autorité palestinienne exige que les participants au vote adhèrent à la plateforme de l’OLP, qui rassemble les principaux partis historiquement liés à la cause palestinienne, à l’exception du Hamas, et qui comprend également un engagement à reconnaître Israël conformément aux accords d’Oslo de 1993. Le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), mouvement d’extrême gauche, rejettent la reconnaissance de Tel-Aviv, l’ouverture à une solution à deux États et la renonciation à la lutte armée comme moyen de libération. Ils sont hostiles au prétendu « programme national » d’Abbas et de ses partisans.

Abbas contre Hamas

D’ici le scrutin du 1er novembre, Abbas devrait réitérer sa récente tentative d’exclure les opposants à la plateforme de l’OLP, notamment le Hamas et le FPLP, des élections municipales palestiniennes d’avril. L’objectif est que le prochain parlement palestinien, s’il est plus fonctionnel que l’actuel, établisse un principe : l’OLP est le seul représentant légitime du peuple revendiquant un État en Terre sainte. C’est un principe que le Hamas a accepté en signant les accords de Pékin avec les autres factions palestiniennes en juillet 2024, mais qu’il a souvent omis de mettre en œuvre.

Abbas entend réaffirmer cette position et tirer parti de la création du NCAG, dirigé par l’ingénieur Ali Shaath, pour inciter le Hamas, sur la scène internationale, à céder le pouvoir et à se légitimer auprès des partenaires arabes garants du cessez-le-feu, en tant que seul acteur crédible capable de gérer la phase post-retrait israélien de Gaza. L’asymétrie entre les deux facettes de la Palestine s’accentue, et bien qu’Abbas estime légitime que le Hamas renonce au pouvoir et aux armes, comme il s’y est formellement engagé politiquement en signant le cessez-le-feu, les militants n’ont pas l’intention d’entreprendre la moindre action avant le retrait israélien. Ils prétendent avoir obtenu la libre représentation des Palestiniens par les armes. Cette impasse divise une Palestine qui continue d’exister davantage sur le papier que dans les faits.

par Divergence Politique

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